Et le chômage des « seniors » ?

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La semaine dernière, notre président pour la France a rappelé sur BFM Business tout l’intérêt qu’il y aura, pour les mois et années à venir, à recruter des apprentis pour, a-t-il affirmé, accompagner la reprise économique. Louable intention, nous en convenons, mais ne faudrait-il pas commencer, simple question de logique et de pragmatisme, par essayer de retenir et fidéliser les compétences dont le groupe dispose aujourd’hui ? 

 
La mobilisation à grand bruit d’une vingtaine de grands patrons serait d’autant plus crédible si elle s’accompagnait d’un appel à maintenir dans l’emploi les salariés expérimentés et impliqués qui ont contribué à la réussite de leur entreprise. Les jeunes sont statistiquement les plus touchés par la crise mais qui nous rappelle que la période de chômage longue durée des seniors ne cesse de s’allonger et qu’il s’agit là d’une constante qu’aucune mesurette n’a jamais réussi à entamer ?
 
Que les grands groupes dont l’obsession quotidienne consiste, au nom de la productivité mais surtout de la loi du profit, à supprimer autant d’emplois que possible, affichent aujourd’hui, la main sur le cœur, vouloir s’investir dans la noble cause de l’emploi pour les jeunes est une excellente nouvelle, à condition de n’être pas motivés par la seule perspective d’une main-d’œuvre à petit prix. Ah, il ne fallait pas le dire ? Désolé. 
 
Quand notre président France déclare  qu' »Il y a une urgence à se mobiliser » et cosigne avec une vingtaine de ses alter ego une tribune implorant les entreprises d’embaucher des jeunes, nous ne trouvons évidemment rien à redire. Le message est consensuel et en plus ça ne mange pas de pain. Mais il eut été plus original, audacieux même, d’évoquer le drame des chômeurs de plus de cinquante ans, et même quarante-cinq, souvent au mieux de leur métier et de leurs pratiques qui s’éreintent sans succès dans des recherches d’emploi au seul motif qu’ils sont trop âgés. Puis notre président rappelle enfin que « le gouvernement français a pris des mesures (à crédit… NDLA) qui sont décisives  à la fois sur l’apprentissage et sur l’emploi des jeunes. Là il est temps que ce soit les entreprises qui prennent le relais en prenant des engagements forts« . Fermez le ban. 
 
Bon, ce n’est pas qu’une question d’argent, bien sûr, mais notre président rappelle quand même que si l’alternance est le meilleur moyen de former les jeunes, les mesures mises en place par le gouvernement font que les recrutements ne coûtent presque rien aux entreprises. Il précise même pour ceux qui seraient un peu handicapés de la comprenette que « La première année pour les mineurs, c’est 100% du salaire qui est pris
en charge. Pour les majeurs c’est 80%, donc le reste à financer est
faible ».
Bons sentiments ne sont point les ennemis de bonnes affaires. Ce sera mon dicton du jour, un peu approximatif, certes, mais qui résume.


Pour conclure, il se pourrait que le journaliste à l’origine du papier du 2 septembre ait à la fois quelque embarras avec l’orthographe – écrire Catoire avec un « e » tout au long de l’article relève quand même d’un certain acharnement dans la négligence -, mais aussi avec les chiffres. En effet, lorsqu’il écrit « Le groupe Adecco est lui-même très mobilisé sur les recrutements d’alternants. 200.000 ont été ainsi recrutés sur les quatre dernières années, dont 5 à 6 % rejoignent les effectifs d’Adecco« , il semble ne pas réaliser qu’il s’agirait d’un moyenne à 50 000 contrats d’apprentissage par an…A moins qu’il ne s’agisse de 500 000 ou de 5 000 000 ?

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