Charité bien ordonnée commence par soi-même. Ce devait être le proverbe favori des élus CFDT en charge du syndicat CFDT Marine Nord. Pensez un peu, deux marins lancés dans la vie active à 14 ans et se retrouvant, pour l’un, heureux détenteur d’un patrimoine de 6 appartements, une maison et un local commercial et, pour l’autre, roulant carosse (4X4 Audi), de 7 biens immobiliers. On ne peut que s’extasier devant la gestion patrimoniale miraculeuse de ces deux élus CFDT aux salaires pourtant fort modestes…
Farouchement opposé à tout projet de reprise, même les plus sérieux et les plus favorables au maintien des emplois, notamment ceux de reprise par LDA (Louis-Dreyfus Armateur et de DFDS (Compagnie danoise), ce syndicat qui pouvait se targuer d’une cogestion avec la direction, a ainsi contribué activement à la mort de SeaFrance pour le plus grand bonheur des compagnies britanniques.
La presse unanime reconnaît en effet que la gestion et les prises de position calamiteuses de ce syndicat ont grandement contribué au naufrage de la compagnie maritime. Cette filiale à 100% de la SNCF laisse un passif de 490 millions d’euros, 190 millions de dettes et 819 salariés, prétendument repris par la SNCF (c’est-à-dire, concrètement, à charge de la société).
Pourtant, dès 2009, un rapport de la Cour des comptes épinglait de graves malversations financières dont 3 millions d’euros détournés sur les ventes d’alcool et de tabac à bord. Un dirigeant du port de Calais a dénoncé dans Le Journal du Dimanche « un système mafieux très sophistiqué« . Ce système mafieux était, semble-t-il connu de tous mais une pesante omerta et la banale lâcheté ambiante ont permis de le laisser perdurer et étouffer inexorablement l’entreprise en même temps qu’il menaçait l’avenir des salariés.
Il serait donc assez scabreux de dire qu’on ne savait pas d’autant qu’à la mi-avril 2010, le parquet de Boulogne-sur-Mer avait ouvert une enquête pour abus de confiance tandis que celui de Lille investiguait sur des « vols en bande organisée. Sans parler des diverses procédures concernant des violences exercées par plusieurs militants CFDT. Rappelons quand même que la CFDT n’était pas la seule concernée puisque, à cette époque, la CGT était majoritaire chez SeaFrance…
Morale de l’histoire : la direction retombera sur ses pattes, s’en allant vers d’autres cieux gérer d’autres entreprises, quant aux salariés, pour avoir permis par leur vote ou leur abstention de laisser perdurer si longtemps ce système voyoucratique, ils découvriront très prochainement les charmes du statut de demandeur d’emploi.

Demain sur ce blogue : 
La CFE CGC ne signe pas le projet d’accord des NAO

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