Nous acheminons-nous vers un grand mouvement social unitaire chez Adecco ? La question mérite d’être posée d’autant que plusieurs fois par semaine, des salariés cadres ou non nous interrogent et nous demandent si nous avons l’intention de lancer un mouvement de grève pour mettre un coup d’arrêt à la paupérisation et à certaines pratiques managériales.
Il nous faut répondre sans démagogie et éviter tout emballement préjudiciable aux salariés eux-mêmes. Nombre de salariés conservent en effet un goût amer du dernier mouvement de grève du mois de mai dernier lancé trop rapidement à l’initiative d’un seul syndicat en quête de notoriété électorale, sans préparation suffisante et sans concertation. Au détriment donc des salariés grévistes qui ont senti la ponction douloureuse de leur journée de grève sans pour autant obtenir le moindre picaillon en échange de leur engagement. Le sujet est trop grave pour qu’un syndicat veuille tirer à lui la couverture et tente de se faire passer pour le grand manitou du mouvement social et le défenseur universel des salariés. Un éventuel mouvement devra être concerté et unitaire ou ne pas avoir lieu.
La grève est un moyen extrême d’expression qui pénalise souvent l’entreprise mais aussi et surtout les salariés. Ce qui ne veut pas dire, bien entendu, qu’il ne faille pas l’envisager mais avec circonspection, prudence et en dernier recours. Nous ne serons jamais, comme dans certaines entreprises, de ces élus irresponsables roulant en Porsche, des liasses douteuses plein les poches, des appartement un peu partout, lançant des jérémiades sur « l’intérêt des salariés » et les menant à des actions aventureuses et risquées pour leur emploi et leurs revenus.
Aujourd’hui, les limites semblent atteintes comme en ont témoigné les deux vagues d’enquête GPTW. La situation est explosive et jamais nous n’avons été sollicités comme aujourd’hui pour initier un mouvement social.  C’est maintenant devenu quotidien. Ce mécontentement ne concerne pas un seul syndicat ou une catégorie particulière de salariés mais l’ensemble des personnels Adecco à de rares exceptions près. Il faudra donc s’entendre et remiser les petites ambitions minables des uns ou des autres, les guéguerres dictées par un orgueil dérisoire et les rodomontades d’états-major syndicaux qui tiendraient aisément leur assemblée générale dans une cabine téléphonique. L’intérêt prioritaire va aux salariés et nous distinguerons aisément dans les mois à venir qui se bat pour quoi. Nous vous en rendrons compte au jour le jour.
Aujourd’hui, la CFE CGC Adecco est donc prête à mener une réflexion posée et constructive avec les organisations syndicales intègres et tournées vers les salariés afin de juger de la pertinence et des chances de réussite d’une éventuelle action et d’en fixer les modalités et échéances. A la moindre tentative mégalomaniaque ou nombriliste de l’un ou de l’autre, nous nous retirerons du processus.

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