Presque chaque année, en période de fixation des budgets pour l’année à venir, nous soulignons ici-même l’ambition démesurée et parfois l’illogisme de nombre d’entre eux, d’autant plus que nous en connaissons les impacts très directs sur la rémunération.

A se demander à quelles sources prédictives se réfère notre direction pour établir sa copie et d’où peut bien lui venir pareil optimisme de circonstance. Ce ne sont pourtant pas les pronostics, analyses et statistiques qui manquent. Voici, par exemple, les prévisions difficilement contestables de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dont le sérieux n’est plus à démontrer. Il s’agit de la mesure comparative de l’évolution probable du PIB réel des 27 pays de l’Union européenne et ceci notamment pour 2026 et 2027.

Fin du débat, serions-nous tenté de dire. Ou presque. Pour mémoire, en 2026, parmi 27 pays européens, la croissance du PIB réel devrait s’échelonner de 0,6 % en Italie à 3,4 % en Pologne et en Turquie, selon le dernier rapport de l’OCDE. Les cinq cancres du fond de la classe se nomment Belgique, France (24ème sur 27), Finlande, Autriche et Italie. Aucun miracle à attendre, par conséquent, pour les années 2026 et 2027 dans les domaines économique et de l’emploi.

On le voit, les chiffres ne mentent pas et, sur le front de l’emploi, notons cette discordance entre une croissance mondiale qui devrait bénéficier du développement de l’intelligence artificielle mais au détriment de l’emploi. Dans un article paru sur Euronews.com le 15 décembre dernier, nous relevons en effet cette conjecture tout en finesse : ” Selon l’OCDE, des facteurs tels que l’intelligence artificielle et l’amélioration des conditions financières devraient doper la croissance mondiale dans les années à venir. Mais, dans le même temps, des risques pèsent toujours sur la production, notamment l’affaiblissement des marchés du travail “. En termes galants ces choses-là sont dites mais en langage courant cela pourrait se traduire par : une croissance et une finance dopées par les outils numériques, notamment liés à l’IA, mais au détriment de l’emploi.

Pour conclure, serait-ce trop demander à notre direction que d’échafauder ses stratégies et prévisions budgétaires en phase avec les données économiques les plus officielles ? Plutôt qu’un énième rapetassage, déjà annoncé, du système de rémunération Pyramide, pourquoi ne pas déjà commencer par un salutaire retour au réel ?

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