“On pensait avoir touché le fond en 2025 mais le secteur va s’enfoncer encore un peu plus. C’est une crise dont on ne voit pas le bout”, affirme Frédéric Carré, président de la Fédération française du bâtiment, au cours d’une conférence de presse, mardi 15 septembre 2026. Il alerte sur la situation du secteur et ses conséquences sur l’emploi. La fédération anticipe la destruction de 20 000 emplois en 2026.
“En juin, j’avais alerté sur les risques. L’inquiétude se confirme trois mois plus tard. Malgré un plan de relance annoncé, les résultats ne sont pas là. Les choses n’ont pas bougé et le bâtiment va mal, voire très mal. Tous les segments sont dans le rouge”, résume Frédéric Carré, président de la Fédération française du bâtiment, mardi 15 septembre 2026, à l’occasion d’une conférence de presse.La FFB retient dorénavant “un effritement de 0,3 % du chiffre d’affaires bâtiment sur l’ensemble de 2026” (hors effet prix). Selon les documents présentés, la chute représente 12,3 % sur quatre ans, “pour retomber au bas niveau de la fin des années 1990”. “En conséquence, 20 000 emplois seront détruits en 2026, salariés, intérimaires en équivalent‑emplois à temps plein et non salariés confondus. Sur quatre ans, la perte atteindra près de 60 000 postes”, dénonce l’organisation patronale.
Les jeunes davantage touchés
Entre les premiers semestres 2025 et 2026, le bâtiment perd près de 15 000 postes. Plus précisément, la baisse de 16 500 salariés et de 3 600 intérimaires en équivalent‑emplois à temps plein ne se trouve que très partiellement compensée par la hausse de 5 900 non‑salariés.“Le mouvement s’est accentué pour les contrats en alternance et les 15‑29 ans. Comment comprendre que le gouvernement rogne encore sur les aides à l’apprentissage ?”, interroge Frédéric Carré. “Les inquiétudes persistent avec une baisse significative des contrats signés en alternance. Il y a de la prudence de la part des artisans et des entrepreneurs compte tenu des changements de règles et de la conjoncture. Il faut absolument maintenir le budget pour l’apprentissage en 2027. Le gouvernement a pris des engagements et nous y serons attentifs”, poursuit‑il.
Des défaillances “à un niveau élevé”
Le président décrit également des entreprises fragilisées et pas uniquement les plus petites. “Les défaillances restent à un niveau très élevé même si elles se replient un peu. Ce sont environ 12 000 entreprises concernées en 2026. Il y a une progression des procédures pour les entreprises de plus de 20 salariés. C’est une nouveauté”, commente Frédéric Carré.Face à ces constats, il plaide pour différentes mesures de soutien au marché et souhaite les voir inscrites dans le budget 2027. “Ce doit être une loi de finances et non une ‘loi spéciale'”, déclare‑t‑il.
Source : AEF Info


