Le cliché du cadre surinvesti dans sa fonction et peinant à en décrocher pour un repos bien mérité a la vie dure. Selon une récente étude de l’APEC, une large majorité de cadres, 71% revendiquent leur épanouissement au travail et reconnaissent effectuer tâches et missions qui les enrichissent. Jusque-là, rien à redire.

Ça, c’est pour le côté face de la médaille. Côté pile, les choses sont moins flatteuses puisque 56% des cadres reconnaissent éprouver des difficultés à décrocher le soir, le week-end et même pendant les congés. Les courriels tardifs, la relecture de dossiers, la préparation de réunions ou de rendez-vous… les amènent trop souvent à travailler en dehors de leurs horaires de travail. Ce que nous avons toujours appelé du bénévolat. Plus gênant, un cadre sur deux de ces forçats du travail avoue un effet négatif sur sa santé mentale. Chiffre aberrant à méditer.

Un cadre sur deux seulement (51%) travaille dans une entreprise bénéficiant par accord de règles de déconnexion mais trop souvent outrepassées par les premiers concernés. Mais le plus souvent ces excès interrogent sur la vie et la personnalité de ces cadres un peu excessifs : la déconnexion n’est pas seulement une question d’organisation ou d’outils numériques mais elle touche à la capacité du cadre à se reposer, se retrouver avec lui-même et avec ses proches, et à vivre pleinement en dehors du cadre professionnel.

Qui sont les cadres qui décrochent le moins ?

Ce sont essentiellement les jeunes et les managers qui peinent à débrancher le soir, le week-end ou pendant leurs congés et, comme par hasard, ce sont les principaux affectés par des troubles mentaux (dépression, insomnie, etc.).

Mais au lieu d’accabler ces bourreaux de travail, gardons à l’esprit que le première responsable reste l’entreprise avec la pression transmet, les délais et exigences en tous genres et une culture intéressée du cadre taillable et corvéable qui devrait perpétuellement justifier son statut et sa rémunération jusqu’à épuisement complet.

On ne peut nier que dans nombre d’entreprises domine une certaine hypocrisie lorsque l’on paraphe de la main gauche et séduisant accord de déconnexion tandis que la main droite cravache sans relâche sur des salariés cadres, mais pas seulement, jusqu’à épuisement, burn-out et souvent perte d’emploi.

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