Un très intéressant article à lire dans la lettre de l’IFRAP. Cet organisme qui trop souvent oscille entre libéralisme dogmatique et libéralisme béat, analyse les effets néfastes du RSA dont l’un d’eux, et pas des moindres, serait de contribuer à l’écrasement des salaires en incitant notamment les employeurs à généraliser le SMIC sur des postes dont la rémunération se situait plus ou moins nettement au dessus.

Voici un extrait de la conclusion de l’article :

L’incitation au maintien des salaires au minimum est évidemment très forte. Il est aussi à remarquer que les deux désincitations, celle concernant le salarié comme celle touchant l’employeur, vont dans le même sens et risquent d’additionner leurs effets pervers.

Enfin, au moment où le pouvoir décide à juste titre de contraindre les entreprises à employer plus de « seniors », la même incitation au maintien des salaires au minimum est au contraire une mesure défavorable à l’emploi de ces seniors. En effet, la rémunération des seniors est très généralement double de celle des catégories jeunes et la proportion des seniors payés au Smic est nettement plus faible que dans les autres catégories d’âge, ce qui est normal en raison des augmentations de salaires dues à l’ancienneté. En conséquence, à qualification égale, les entreprises auront d’autant plus tendance à employer des jeunes payés au voisinage du Smic, plutôt que des seniors payés davantage et dont le coût du travail sera incomparablement plus élevé.”
(…)
“Le Haut-Commissariat travaille actuellement avec les partenaires sociaux sur ces questions, mais ne les a pas encore résolues, tant l’exercice est difficile. Les calculs que nous avons faits ici montrent aussi un aspect plus inattendu, qui touche à la fois au montant de la prise en charge par l’État des faibles rémunérations, au phénomène de tassement des salaires et à la désincitation au travail. Le RSA est séduisant pour son effet sur la réduction de la pauvreté en France et aussi pour la réduction des effets de seuil au moment de la reprise du travail, par rapport aux minima sociaux, RMI en particulier. Mais on peut craindre que le problème ne soit que reporté à l’échelon supérieur des salaires et que l’on finisse par remplacer la fameuse trappe à inactivité que constituent les minima sociaux, par une sorte de « trappe à Smic ».

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