Ce n’est plus vraiment un inédit, ça serait même déjà un peu du réchauffé : notre PDG François Davy quitte l’entreprise. Un premier message de PDM, le président mondial du groupe, tombé dans les messageries lundi dernier en informait l’ensemble du réseau tandis que François Davy lui-même communiquait à son tour quelques heures plus tard.
Le moins qu’on puisse dire c’est que la prose de notre président mondial ne péchait ni par lyrisme, ni pas excès de cordialité comme chacun a pu le constater, certains pour s’en offusquer. On sait la rudesse du climat et du relief suisses qui ont façonné des hommes durs à la tâche, âpres au gain, économes et peu bavards, se méfiant par nature de leurs voisins volubiles et un peu écervelés, mais quand même…
Pour les salariés, ce départ annoncé brusquement est bien entendu porteur d’inquiétudes. « Que se passe-t-il ? » « Est-ce mauvais signe ? » « Pourtant les résultats sont bons et en progression » sont les questions et remarques les plus entendues.
Soyons honnête, nous n’avons pas de réponse absolue sur les motivations de ce départ mais quelques conjectures qui valent ce qu’elles valent. Par exemple, nombre d’entre nous ont remarqué que Team 2012 n’avait pas résisté à la refonte de l’Intranet et que l’onglet qui menait à l’audacieux projet avait tout bonnement disparu du site, évanoui dans les méandres du cyber-espace. Un projet mobilisateur qui disparait moins de six mois avant son aboutissement, cela ne peut qu’interpeller. A-t-il été abandonné parce-qu’irréaliste ? Tout avait-il été dit sur le sujet ? Restait-il l’un ou l’autre de ses volets inapplicable ou, pire, inavouable ? Ces questions mériteraient sans doute d’être posées et d’obtenir des réponses circonstanciées. Malheureusement, il n’y a plus, aujourd’hui, d’instances représentatives du personnel pour les poser.
Ceci dit, faut-il pleurer Team 2012 ? Il y eut sans doute des avancées et modernisations incontestables mais ne restera-t-il pas avant tout dans les esprits le souvenir d’un PSE traumatisant et d’une GPEC équivoque ? Certains ont même rebaptisé ce projet Tirons-nous Ensemble d’Adecco Maintenant et avant 2012. Les gens sont méchants.
Revenons au départ de notre PDG. L’abandon, tout au moins officiellement, de Team 2012 n’est qu’un indice qui aurait du nous mettre en éveil mais ce n’est sans doute pas l’unique explication. On sait qu’à ces postes, la précarité règne en maître et que les DG et PDG sont en permanence soumis au maelström des rumeurs, cotations financières, intrigues de cour, amour et désamour qui les placent en défensive permanente de leur enviable situation.
Sans compter leur entourage plus ou moins bien intentionné qui poursuit secrètement un objectif vieux comme le monde : devenir calife à la place du calife (pour plus d’information, voir le cirque politique…). 
Nous ne portons évidemment aucun jugement sur l’action de notre PDG et en conclusion (provisoire), on peut affirmer que celui-ci a sans doute rempli sa feuille de route en redimensionnant l’entreprise à un taille beaucoup plus modeste tout en en améliorant nettement la profitabilité. On sait qu’un « restructureur » ne devient quasiment jamais le gestionnaire de la situation nouvelle qu’il a contribué à établir. Un homme nouveau viendra reprendre une entreprise profondément transformée et écrira une autre page de l’entreprise. A suivre, donc.
Nous regrettons toutefois qu’il ne se soit pas prononcé sur quelques affaires et surtout pratiques qui entachent l’image de l’entreprise et nous pensons notamment (mais pas seulement) à une affaire dans l’Ouest sur laquelle nous avons abondamment communiqué (voir, entre autres, notre article du 27 avril dernier) et qui prend des proportions qu’il eut été préférable de lui éviter. Dommage.

Vendredi sur ce site :
L’affaire de discrimination en Belgique et les mauvaises manières du PTB

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