Inutile de faire durer le suspens, la réponse est non. La direction souhaitait un mini-CCE à 6 élus titulaires (et bien entendu le même nombre de suppléants), ce qui semble évidemment grotesque pour une entreprise d’environ 3 300 salariés permanents et 100 000 salariés intérimaires. Les deux seuls syndicats chauds partisans d’un CCE symbolique à 6 élus se trouvaient être, lors de la dernière réunion, la CFDT et la CGT. Pour leurs motivations, je vous ferais volontiers un dessin si je savais dessiner mais, hélas, ce n’est pas le cas. Tous les autres syndicats insistaient pour mettre en place un véritable Comité Central d’Entreprise doté d’une vraie représentativité et d’un nombre suffisant d’élus pour travailler.
Depuis la réunion de la semaine dernière, deux autres syndicats, la CFTC et FO ont été frappés par la grâce (les voies de la direction sont impénétrables) et découvert les vertus d’un CCE riquiqui. La double-majorité (plus de la moitié des syndicats et plus de la moitié du poids des voix) a donc ainsi été atteinte et le Comité Confidentiel d’Élus (CCE) sera donc constitué de 6 élus titulaires.
Seuls l’UNSA et la CFE CGC ont refusé
cet escamotage en règle, entendant fermement continuer à défendre les salariés,
indépendamment de toute considération politicienne et personnelle.

Ce déni de l’instance CCE est-il bien grave ? Oui, si l’on considère qu’il s’agit de l’instance consultative majeure pour ce qui touche aux sujets économiques et sociaux. L’instance peut, par exemple, émettre un droit d’alerte. Mais il faut savoir que chez Adecco, le CCE n’a jamais vraiment rempli ce rôle de vigie et d’implication dans la vie économique de l’entreprise, ce qui n’avait pas manqué d’intriguer certains experts ayant eu à nous conseiller. A ce sujet et pour ceux qui n’étaient pas lecteurs de notre blogue à cette période, on relira nos articles du 24 septembre 2009 et surtout ceux du 9 novembre 2009 et du 18 août 2010.
Pour mémoire et pour comparaison, dans l’entreprise la plus semblable à Adecco, tant du point de vue de l’activité, de la dimension et du nombre de sites que de l’effectif salarié permanent, chez Manpower, le Comité Central d’Entreprise est constitué de 27 élus titulaires auxquels s’ajoutent, bien entendu, le même nombre de suppléants et les représentants syndicaux.
Donc, 27 élus titulaires chez Manpower et… 6 chez Adecco. Cherchez l’erreur et si vous ne trouvez pas la solution, n’hésitez pas à nous demander.
L’important pour nous demeure l’action locale, près du terrain, celle des Délégués du personnel et des délégués syndicaux, loin des calculs politiciens, des petites ambitions rassies et des « fluidifiants » divers et variés. Le « microcosme villeurbannais » a, en quatre années, laissé filer plus de 2 200 emplois de salariés permanents en CDI et la fermeture de plus de 300 agences et sites divers. Avec une discrétion tout à fait remarquable. Vous défendra-t-il mieux dans les épreuves à venir ?

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