On se souvient de l’affaire de la caisse noire de l’UIMM (Union des Industries et des Métiers de la Métallurgie), fin 2007, dans laquelle Denis Gautier-Savagnac, le président de cet organisme patronal, s’était retrouvé mis en examen pour « abus de confiance » et « financement occulte ».
La presse avait révélé l’existence d’une caisse noire de 100 millions d’euros, abritée en Suisse, à partir de laquelle le président de l’UIMM avait effectué des retraits, pour un total de 17 millions d’euros, vers trois compte bancaires. Malgré l’enquête, les perquisitions et auditions, le grand public ne connut jamais les heureux destinataires de ces largesses. Denis Gautier-Savagnac se contenta d’avouer que ces fonds occultes servaient à « fluidifier le dialogue social ». D’autres évoquèrent plus prosaïquement des fonds « anti-grève ». Nous resterons sur notre faim et ne connaîtrons sans doute jamais (officiellement) l’identité ni l’appartenance syndicale des « fluidifiés »… Dommage !
Quant à Monsieur Gautier-Savagnac, il n’eut pas même une journée à subir le pain sec et la paille humide des geôles de nos prisons. Il quitta sa confortable sinécure (20 k€ par mois) avec une indemnité d’un million et demi d’euros et un engagement de prise en charge des frais liés à une éventuelle condamnation. Parachute doré dorsal + ventral pour l’heureux homme. Zéro risque et totale discrétion garantis.
Comment ne pas évoquer une actualité plus proche : celle du rejet du rapport Perruchot sur le financement des syndicats ?
Nicolas Perruchot, député du Loir-et-Cher, avait en effet, aidé d’un groupe de députés membres de la commission, mené une enquête approfondie sur le financement des syndicats et il s’apprêtait à le rendre public quand le pouvoir politique (au plus haut niveau) décida de le censurer.
Fait rarissime, le rejet par le chef de l’Etat d’un rapport de commission d’enquête parlementaire ne s’était pas vu en France depuis 1958. Le pouvoir, pris de panique à quelques mois des élections présidentielles, ne voulait à aucun prix que les citoyens français n’apprennent le mode de financement et de gestion des syndicats. Pourquoi ?
La CFE CGC, par la voix de son secrétaire général, Bernard Van Craeynest, s’était immédiatement indignée de cette censure car cette organisation n’a rien à craindre des révélations du rapport Perruchot comme elle ne redoutait rien d’éventuels aveux de l’ex-patron de l’UIMM. Au contraire, elle réclame avec force et détermination davantage de transparence.

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