A l’origine, APE signifiait « Adecco Parcours et Emploi » et cette filiale, émanation du réseau Adecco, se destinait au reclassement des demandeurs d’emploi, essentiellement en appui du Pôle Emploi, client quasi unique qu’il faut tous les deux ans mériter sur appel d’offres. Comme pour toutes les activités ainsi essaimées, la matrice, c’est-à-dire le réseau de travail temporaire, avait fourni l’ensemble des hommes et moyens de l’entreprise nouvelle. APE a donc lancé son activité avec des salariés du réseau, son appui logistique et commercial ainsi bien sûr que la caution financière d’Adecco France et par conséquent la garantie de boucler ses fins de mois.
Classique phénomène de filialisation qui permet à la fois d’essayer de développer des niches et activités à meilleure rentabilité mais aussi méthode coutumière d’exfiltration de cadres surnuméraires ou devenus un tantinet encombrants ou un peu trop « seniors ». Le processus est somme toute assez simple et nous l’avons baptisé « la sortie en deux temps ». Premier temps, le cadre est exfiltré vers la direction ou la création d’une filiale et, second temps, dans les deux ans qui suivent nous apprenons son départ du groupe. Le départ est propre, net et évite l’humiliation de l’éviction au sortant tout en lui ôtant son éventuel pouvoir de nuisance.
Revenons à cette filiale dont l’activité double parfaitement celle de la filiale Altedia et dont le rapprochement avec cette dernière – terme euphémique signifiant généralement la disparition de l’un des deux rapprochés – il y a environ un an sonnait le glas d’A.P.E.
Bien sûr, nous avions des remontées régulières sur des cas de souffrance au travail chez Adecco Parcours et Emploi, des pressions psychologiques aux limites du soutenable, des arrêts maladie longue durée pour dépression et autres situations dramatiques pour lesquelles les représentants du personnel A.P.E. semblaient définitivement inscrits aux abonnés absents. Les rares braves élus de la filiale semblent n’avoir malheureusement jamais pris la mesure de la situation réelle. Aujourd’hui, le démontage d’A.P.E. s’accélère et ce ne sont que démissions plus ou moins encouragées…, ruptures transactionnelles et transactions menées au pas de charge. La gestion des carrières se résume ainsi à : « Combien tu veux ? ». L’ex-dirigeant de cette filiale, ancien directeur de région Adecco France, avait été invité à découvrir les délices d’une retraite légèrement anticipée il y a deux ans environ – la fameuse sortie en deux temps – tandis que son successeur eut, au printemps dernier, l’excellente idée de basculer sous contrat Altedia. Le capitaine et son second ayant quitté le navire en perdition, le sort de la filiale était ainsi scellé.
Ce navire faisant eau de toute part, les salariés encore en poste ne se font plus guère d’illusions aujourd’hui même si certains ont eu un peu de mal à anticiper la situation malgré nos avertissements répétés.
Aujourd’hui, les choses deviennent limpides et A.P.E. ne peut plus guère signifier que « Allez au Pôle Emploi ». J’ajouterais : et vite si possible.

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