Le dialogue social défaillant laisse, hélas, la place à une série de procédures destinées à remettre l’entreprise dans les clous de la législation et du respect des salariés dont la vocation première ne se résumera jamais à remplir le rôle bien ingrat de variable d’ajustement. Ainsi, le Comité Central d’Entreprise qui n’est pas, avant tout, comme certains l’ont trop longtemps laissé entendre, une aimable organisation de distribution de cadeaux mais bien l’instance majeure de l’entreprise chargée de veiller aux aspects économiques de sa gestion, lance-t-il une procédure pour contester les 88 « rapprochements » d’agences non inscrits dans le Plan de départ volontaire.
On se souvient que le PDV prévoyait officiellement la fermeture de 165 agences à l’occasion de la fusion Adecco/Adia mais ce que l’on sait beaucoup moins, c’est qu’en plus de ces 165, ce ne sont pas moins de 88 agences qui ont été fermées, euh pardon, « rapprochées » sans la moindre consultation du Comité Central d’Entreprise et par conséquent en toute illégalité.
 
La direction semble avoir conservé le déplaisant réflexe de considérer le CCE comme une chambre d’enregistrement, quantité négligeable, feignant de ne pas s’apercevoir que l’actuelle mandature donne et donnera dans les années à venir sa pleine dimension à l’instance.
Quant au Middle Office, l’application d’une Gestion prévisionnelle des emplois et compétences (GPEC)  devait, en principe et selon les promesses, permettre de conduire dans les meilleures conditions humaines possibles la réduction drastique du nombre de sites (de 47 à 30 pour le moment…), or il faut savoir que l’accord GPEC se trouve caduc depuis le mois de juillet dernier et qu’aucune négociation n’est actuellement en cours. Aujourd’hui, c’est mobilité ou la porte de sortie et la gestion de la mobilité se résume le plus souvent à cette question laconique : « Tu as été voir dans la base ? ».
Vos élus ont jugé ces comportements suffisamment alarmants pour porter l’affaire en justice et faire valoir le droit, ce fameux droit si souvent bafoué alors qu’il représente l’unique chance – et on comprend bien pourquoi certains milieux souhaitent tant sa disparition – d’éviter une régression vers la loi du plus fort, ce plus fort n’étant que bien rarement le salarié.

4 Commentaires

  1. … Profitez-en pour recenser les P1 qui sont sans poste depuis quelques mois déjà et qui ne se sont vu proposer aucune autre mission (et non pas ré-intégrés non plus leurs anciennes fonctions)… Là aussi c'est un total hors de la part de l'entreprise… Que fait le CCE sur ce point ?

  2. Pire, ils s'en foutent !
    Pour eux, ils ont raison et ça passera car "c'est comme ça qu'ils l'ont décidé"…
    Quand on voit le nombre de Prud'hommes perdus en ce moment ; c'était prévisible pour un pro mais EUX ils ne voulaient rien entendre.
    Car si personne ne signe : ils vont faire quoi ?

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