En tournée dans toute la France
Rien ne laissait présager que le très sévère « patron des patrons », rêvant sans doute depuis longtemps en secret de devenir artiste de music-hall – peut-être chaque matin chante-t-il « j’aurais voulu être un artiste » dans sa salle de bain ? – puisse un jour se métamorphoser en humoriste à (modeste) succès. Au début, ses sorties intempestives furent plutôt assimilées par la gent journalistique à autant de saillies maladroites et provocations à usage médiatique. Aujourd’hui, l’affaire semble entendue : Pierre Gattaz, empressé sans doute de brûler les planches, se lance dans le spectacle et choisit pour s’exprimer l’humour et le rire, piétinant sans vergogne les platebandes de Jean-Marie Bigard, Bénureau, Gad Elmaleh et consorts.
Après la fin des 35 heures, le Smic jeune, la suppression de jours fériés et les velléités de déconstruction du Code du travail, voici que notre Pierre Gattaz national affiche un nouveau spectacle : « le licenciement sans motif ». Notre hilarant – qui l’eut cru ? – président du Medef s’est en effet trouvé un nouveau sketch désopilant dans lequel il évoque, ni plus ni moins, la sortie de la convention 158 de L’Organisation Internationale du Travail (OIT) obligeant à justifier un licenciement. Cette démarche, si elle aboutissait, permettrait les licenciements sans cause réelle et sérieuse ce qui, effectivement ne semble pas bien sérieux. Rappelons d’ailleurs au passage que la France ne peut pas dénoncer cette convention de l’O.I.T. avant 2019 et qu’il s’agit-là essentiellement d’un test supplémentaire en forme de provocation pour mieux tâter le terrain syndical et les capacités de résistance du monde du travail en général.
Le raisonnement de notre désopilant patron du Medef se résume à l’observation suivante. La nécessité pour un employeur d’afficher un motif de séparation représente une importante source de contentieux, elle-même frein à l’embauche. Donc supprimons ladite nécessité et tout ira mieux dans le meilleur des mondes, les entreprises embaucheront à corps perdu et tralala-tsoin-tsoin. Embaucheront-elles tout autant qu’avec les dispendieux allègements ? La question peut légitimement se poser…

3 Commentaires

  1. Embaucheront-elles tout autant qu'avec les dispendieux allègements ? <== bien formulé.

    Le pire, c'est que ce discours ridicule et incessant du MEDEF (au moindre changement en notre défaveur vous détruisez des milliers d'emplois et inversement) semble marcher, vu les décisions du gouvernement.

  2. le medef et la cgpme font un lobbying très fort actuellement auprès du gouvernement. Les syndicats sont dispersés et manquent cruellement de contre proposition et sont incapables de faire descendre les salariés dans la rue. Il faut montrer aujourd’hui que les salariés peuvent être puissant, sinon, ils vont se faire bouffer

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