Vendredi dernier se tenait la première réunion des négociations annuelles obligatoires (NAO) de l’année. Il faut savoir que cette réunion initiale n’entre que bien rarement dans le vif du sujet et permet essentiellement d’échanger un certain nombre d’informations factuelles : détermination du calendrier de la négociation, remise de documents par la direction et demande par les délégations d’un certain nombre d’éléments chiffrés de nature à éclairer les échanges et à permettre de cibler les demandes.
Bien souvent ces dernières années, nous assistions à une situation un peu surréaliste, une sorte de parodie de négociation au cours de laquelle des représentants syndicaux présentaient une liste d’attentes, de revendications même, longue d’une, deux ou trois pages dans lesquelles ils semblaient exiger le beurre, l’argent du beurre, les fesses de la crémière et son fonds de commerce en prime, tandis qu’en face la direction ne lâchait pas le moindre fifrelin, pas le moindre cachou, claquemurée qu’elle était dans une politique d’ultra-austérité et de malthusianisme salarial.
La direction survolait d’un œil distrait ces listes à la Prévert avant de conclure que tout cela est bien irréaliste et qu’il convient de prendre en compte la situation avec réalisme et pragmatisme, un pragmatisme aboutissant à un gel ou quasi-gel des salaires depuis sept longues années. Lorsque j’ai évoqué ce fait devant un salarié d’une caisse complémentaire de retraite il y a peu, j’ai cru que mon interlocuteur allait tomber de sa chaise. Il insistait, l’œil hagard et les oreilles rabattues : »Oui, d’accord, pas de hausse mais vous avez quand même chaque année la revalorisation à hauteur de l’inflation ?. « Non M’sieur, fus-je contraint de lui avouer, que tchi, macache, que dalle et peau de balle. Une main devant et l’autre derrière. Juste un niveau de vie qui se barre en capilotade et le droit d’attendre le prochain plan de départ ». Je vois encore sa tête. J’appellerai quand même pour prendre de ses nouvelles.
La première question à poser avant toute négociation salariale consiste à s’enquérir du montant de l’enveloppe budgétaire allouée. Chaque année, la réponse ressemble étrangement à celle de l’année précédente : il n’y a pas de budget particulier prévu pour les NAO, « on ne sait pas« , « ces données ne sont pas connues », etc… Cette année, même comportement d’évitement auquel s’est ajouté, après une insistance un peu appuyée, le fatidique « Je n’ai pas mandat pour vous la donner (l’enveloppe) ». On a beau être patient et travailler sur le souffle, il y a des fois où… Vous voyez ce que je veux dire ?
Même si les augmentations générales sont devenues taboues pour la direction, nous avons bien l’intention de réclamer une hausse des fixes significative qui, nous le savons bien, ne rattrapera jamais la perte de pouvoir d’achat de ces dernières années mais permettrait au moins d’en enrayer la chute. Nous étudierons l’ensemble des paramètres de la rémunération avant de faire notre proposition mais restons surtout dans l’attente de vos remontées et propositions que nous valoriserons au mieux.
A cette étape de la négociation toute conclusion serait totalement prématurée mais il convient de rester vigilants, très vigilants. Comme d’habitude, les lecteurs de ce blogue seront les premiers informés, étape par étape, de l’avancée des débats. Prochaine réunion le 25 novembre. En attendant,  n’hésitez pas à nous transmettre vos questions et attentes.

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