Trois mois après le sabordage, par le patronat,
des négociations pour une nouvelle convention Unédic, la CFE-CGC fait
savoir que le traitement de la question des contrats courts est une
condition préalable indispensable à une éventuelle reprise des
négociations entre partenaires sociaux sur l’assurance chômage. 


« Si
l’on redémarre une négociation sans poser comme principe initial la
nécessité de travailler sur le coût des contrats courts et leur
utilisation abusive, ça ne sert à rien »
. Reçu le 22 septembre par Myriam El Khomri,
ministre du Travail, François Hommeril s’est montré clair quant à la
condition préalable pour la CFE-CGC d’une éventuelle reprise des
négociations sur l’épineux dossier de l’assurance chômage.

Le
16 juin dernier et au terme de cinq mois de discussions parasitées par
le contexte de la loi Travail, la négociation entre partenaires sociaux
en vue d’une nouvelle convention Unédic s’était soldée par un échec
imputable au blocage du Medef sur la majoration des cotisations des
contrats courts. « En refusant toute modulation des cotisations
patronales en fonction de la durée des contrats pour surtaxer les
contrats courts, ceux-là même qui sont à la source du déficit du régime
de l’Unédic, le Medef a délibérément sacrifié l’intérêt général à des
intérêts particuliers »
, résumait alors Jean-François Foucard, secrétaire national CFE-CGC.

Désormais entre les mains du gouvernement, qui a décidé de proroger en
l’état la convention actuelle de l’Unédic (signée en 2014) fixant les
règles d’indemnisation des demandeurs d’emploi, le dossier peut-il être
remis sur la table entre partenaires sociaux ? « Si le Medef a
travaillé sur sa cohérence interne, qu’il est en capacité de rouvrir la
négociation et de dire, dès le début, « j’accepte qu’on discute du sujet
de la taxation des contrats courts », alors là, oui ça vaut le coup »
, explique François Hommeril.

Quoi qu’il en soit, la CFE-CGC continue de faire valoir ses
propositions pour défendre l’intérêt des salariés, en particulier ceux
des techniciens, agents de maîtrise, cadres et ingénieurs. Et ainsi
répondre à un double enjeu :
– conforter un régime assurantiel
d’indemnisation qui demeure un indispensable amortisseur social en
période de crise et de fort chômage ;
– maîtriser l’endettement du
régime qui, sous l’effet de la crise économique et d’un chômage record,
s’est creusé depuis 2008 pour atteindre près de 26 milliards d’euros.

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