À salaire et ancienneté identiques, deux salariés peuvent toucher des indemnités de départ à la retraite très différentes. La raison ? Tout dépend de qui prend l’initiative du départ. Un écart qui peut représenter plusieurs milliers d’euros et qu’un nouveau simulateur officiel permet désormais d’estimer.

Vous approchez de la retraite et commencez à faire vos comptes ? Entre le montant de votre future pension et vos économies, il y a une somme à ne pas oublier : la prime de départ à la retraite. Selon votre ancienneté et votre salaire, elle peut représenter plusieurs milliers d’euros. Mais pour pouvoir l’intégrer à vos calculs, encore faut-il savoir combien votre employeur doit vous verser.

Bonne nouvelle : depuis fin septembre 2026, le Code du travail numérique, un site officiel du ministère du Travail, propose justement un nouveau simulateur gratuit pour estimer ce montant. Car non, tous les salariés ne touchent pas la même somme.

Premier élément déterminant du calcul : qui décide du départ à la retraite ? Car selon que vous partez volontairement ou que votre employeur vous met à la retraite, les règles ne sont pas les mêmes. Si vous quittez volontairement votre entreprise, vous devez avoir au moins dix ans d’ancienneté pour bénéficier de l’indemnité légale. Son montant minimum augmente avec les années passées chez votre employeur : un demi-mois de salaire après dix ans, un mois après quinze ans, un mois et demi après vingt ans et deux mois à partir de trente ans.

Prenons l’exemple d’un salarié dont le salaire brut de référence est de 2 500 euros par mois et qui décide de partir à la retraite après vingt ans dans la même entreprise. Il peut prétendre à une indemnité légale minimale de 3 750 euros bruts. Mais si c’est son employeur qui le met à la retraite, dans les conditions prévues par la loi, la somme est nettement plus élevée car le calcul change : un quart de mois de salaire par année d’ancienneté pour les dix premières années, puis un tiers pour les suivantes.

Résultat : à salaire de référence et ancienneté identiques, l’indemnité légale minimale grimpe à environ 14 583 euros bruts. Une situation toutefois encadrée : entre 67 et 69 ans, l’employeur doit demander au salarié s’il accepte de partir à la retraite. Celui-ci peut refuser. Ce n’est qu’à partir de 70 ans que l’employeur peut, en principe, lui imposer ce départ, sous réserve notamment des règles particulières applicables aux salariés protégés.

Et si vous n’avez pas dix ans d’ancienneté ? Tout n’est pas forcément perdu. Par exemple, un salarié qui gagne 2 000 euros bruts par mois et quitte volontairement son entreprise après huit ans n’a droit à aucune indemnité légale. Mais sa convention collective peut prévoir une somme malgré tout. Certaines conventions fixent également des montants plus généreux que ceux prévus par la loi. Le simulateur tient justement compte des dispositions de 50 conventions collectives parmi les plus fréquentes.

Pour connaître concrètement le montant auquel vous pouvez prétendre, rendez-vous sur le simulateur du Code du travail numérique. Il vous demandera notamment vos dates d’entrée et de sortie de l’entreprise, la date de notification de votre départ et vos derniers salaires. Munissez-vous également du nom ou de l’identifiant de votre convention collective, ou du numéro Siret de votre entreprise. Le calcul de l’indemnité repose notamment sur un salaire de référence déterminé selon les règles applicables, en retenant la formule la plus avantageuse pour le salarié.

Attention, ce simulateur s’adresse aux salariés en CDI à temps plein : il ne prend pas en charge les carrières ayant alterné temps plein et temps partiel. Le résultat reste une estimation, qui ne remplace pas la vérification de vos droits. Enfin, les sommes affichées ne correspondent pas nécessairement à ce que vous recevrez sur votre compte : l’indemnité de départ volontaire à la retraite est, en principe, soumise aux cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu, tandis que celle versée en cas de mise à la retraite par l’employeur bénéficie, sous certaines conditions, d’exonérations.

Source : Cadremploi

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