“Il faut laisser filer le personnel” a donc fini par lâcher un membre du CODIR alors qu’elle était interpellée par des élus sur la multiplication des départs dit naturels – il y en aurait donc d’artificiels ? -, volontaires, semi-volontaires, contraints, etc. Voilà donc qui répond un peu cavalièrement à tous ceux de nos collègues qui s’émeuvent, à juste titre, de la fonte des effectifs et de la perte de compétences, le plus souvent au profit de nos concurrents.

Laisser “filer le personnel” permettrait, selon elle, d’éviter un PSE. Cet aveu vient, hélas, corroborer nos multiples alertes sur le sujet : oui, un plan social en tenue de camouflage est bien en cours dans l’entreprise. De moins en moins camouflé, il est vrai. La réduction des coûts, au travers notamment des économies de structures, le déploiement massif de technologies liées à l’IA et les externalisations à tour de bras justifient rationnellement et factuellement la suppression de centaines d’emploi, à très court terme et rien qu’en France. Arithmétiquement, rien à redire mais socialement et humainement, c’est une autre affaire.

La situation économique générale qu’il est impossible de nier aura toujours bon dos et de larges épaules mais ne peut en aucun cas suffire à expliquer la situation actuelle, très inégale, il est vrai, selon des périmètres analysés. Sur ce site et en près de 4 000 articles, nous pensons avoir tout dit ou presque sur les dysfonctionnements, erreurs d’appréciation, de jugement et sur certaines réorganisations plus ou moins psychédéliques. La dernière bévue en date, qui n’a rien d’anecdotique et au contraire en dit long sur le niveau de déconnexion de certains, concerne la suppression du calendrier destiné à nos clients (cf. notre récent article sur le sujet).

La naufrage de la DO Sud

Créée pour des raisons demeurées nébuleuses, si ce n’est celle d’éprouver un futur DO (un “bébé DO” nous disait-on à l’époque), la DO Sud relevait d’un test sur une période de deux années. Aujourd’hui la situation chaotique de ce périmètre interroge sur un éventuel et très prochain arrêt de l’expérience. Passage de quatre zones à trois, une 3ème en grande souffrance, des baisses des effectifs, non remplacement des départs, quelques courageux (et isolés) Directeurs d’agence (et pas seulement) s’éreintant à jouer les pompiers de service… La situation n’est plus tenable et ce n’est pas la fusion de LHH et de la DO Perm, ou encore l’absorption d’Adecco Médical qui faciliteront la suite des réjouissances…

L’année 2027 devrait marquer un grand tournant dans l’histoire de l’entreprise et, sans aucune arrière-pensée partisane, nous implorons nos collègues, quels que soient leur projet, de défendre au mieux leurs intérêts et de rejoindre la CFE-CGC Adecco. Il est minuit moins le quart.

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