
Adecco a donc décidé de modifier rapidement et de façon volontariste son parc automobile par “l’électrification” de l’ensemble de ses véhicules de fonction. Il s’agirait donc, selon les propos de la direction tenus jeudi dernier (3 novembre) lors du CSE Central de “verdir” rapidement le parc auto Adecco en le dotant de 100% de véhicules électriques, non pas hybrides, ni micro-hybrides, mais intégralement électriques. Les voitures à pile rechargeable, pour faire simple.
Passons sur l’argumentation liée à l’environnement, de plus en plus discutable, surtout si l’on tient compte de la récente saillie de Akkio Toyoda, président de Toyota – premier constructeur automobile au monde devant Volkswagen, rappelons-le – affirmant qu’une voiture électrique s’avère, avec le recul nécessaire, trois fois plus polluante qu’une hybride. Ce n’est pas l’avis aviné de Dudule au zinc du Café des Sports mais celui du président d’un groupe qui produit 12 millions d’automobiles chaque année. On pourrait aussi citer Carlos Tavares, ex-PDG de Stellantis – 6ème constructeur auto mondial – avouant qu’une voiture électrique doit parcourir 70 000 kilomètres avant de compenser l’empreinte carbone de la fabrication de sa batterie et de commencer à faire mieux qu’un véhicule hybride léger. Ces informations et nombre d’autres restent à disposition de qui veut bien s’en enquérir.
Mais le véritable enjeu demeure évidemment financier sachant qu’un non-respect du diktat européen vaudrait au groupe Adecco des centaines de milliers d’euros de pénalité chaque année en même temps qu’une incidence négative sur l’avantage en nature (AEN) pour l’ensemble des collègues disposant d’un véhicule de fonction. La réforme fiscale s’avérerait ainsi pénalisante pour l’un comme pour les autres.
Des questions pour le moment sans réponse
Cet aparté posé, la politique de “verdissement” du parc auto Adecco soulève un certain nombre de questions pratiques que vos élus n’ont pas manqué de soumettre à la direction.
L’un des points principaux porte sur le temps de recharge et sa répercussion sur l’organisation et l’activité de chacun. C’est une contrainte inédite avec laquelle il faudra composer, en fonction des temps de charge et de l’autonomie des véhicules. Loin d’être secondaire, ce point requiert toute l’attention de la direction et nécessitera compréhension et soutien de sa part. Pour rappel l’utilisation systématique ou fréquente de la fonction “recharge rapide” diminue environ par deux la longévité des batteries, une indication primordiale, nous semble-t-il, lorsque que l’on évoque une démarche liée à la préservation de l’environnement…
Se pose ensuite l’épineuse question de la pose de borne de rechargement au domicile, pour laquelle la direction évoque une aide financière mais il nous semble impossible d’éluder le fait qu’une grande partie des salariés, la majorité sans doute, ne pourra bénéficier d’un tel dispositif technique, car habitant en ville, en immeuble ou en maison de rue, etc.
Enfin, les élus réclament un suivi transparent rigoureux et régulier de cette électrification du parc auto et notamment de l’ensemble des coûts de l’opération : location, énergie, prise en compte des charges à domicile, taxes, impôts…


