Combien aura-t-il fallu de victimes et de vies et familles brisées pour en arriver à la récente intervention du gouvernement sur le sujet de la souffrance au travail ?

La série de suicides chez France Telecom a bien entendu monopolisé l’attention des média mais n’est-ce pas l’arbre qui cache la forêt d’un problème beaucoup plus répandu qu’il n’y paraît ? Dans cette entreprise, les partenaires sociaux ont certainement joué leur rôle mais face à l’autisme de la direction, il a fallu l’appui de la Toile, notamment de la blogosphère et de la presse pour que les choses bougent enfin au plus haut niveau. Nous avons, nous aussi, joué notre modeste rôle sur ce blog…

De plus en plus, le pouvoir se déplace et quand les structures sont figées, les directions sourdes, certains syndicats silencieusement complices et les collègues tétanisés, il ne reste que le cinquième pouvoir (les médias), l’édition, certaines instances et Internet pour briser le mur du silence. Cela se passe donc à l’extérieur de l’entreprise.

Mais il ne faut pas oublier qu’au delà du problème de France Telecom, la souffrance au travail s’exerce aussi bien dans le secteur public que dans le privé et dans les grandes entreprises comme dans les plus petites.

Voilà cinq ans maintenant, nous avons lancé au travers du CHSCT une enquête sur le stress dont les résultats auraient dû servir de signal d’alerte et de déclencheur pour la mise en oeuvre d’une réflexion et d’un plan d’action sur le stress au travail, avec les partenaires sociaux.

Depuis 5 ans, les résultats de cette enquête dorment au fond des placards et des disques durs de quelques élus et de la direction. Nous n’avons cessé depuis de réclamer l’ouverture de négociations sur le sujet mais, comme trop souvent malheureusement, c’est la force de la loi qui amènera les entreprises à traiter le problème (cf. l’emploi des « seniors »)

En effet, lors d’une réunion du COCT (Centre d’Orientation des Conditions de Travail), Xavier Darcos, l’actuel ministre du travail, a demandé aux entreprises de plus de 1 000 salariés d’engager une négociation sur la prévention du stress au travail et de progresser sur le sujet avant le 1er février, date de la prochaine réunion. Pourquoi d’ailleurs exclure les entreprises de moins de 1 000 salariés ?

Il a notamment demandé que soit appliqué l’accord interprofessionnel conclus entre patronat et syndicats, en novembre 2008, il y à près d’un an.

Pour l’instant, la consigne semble floue et peu directive et, de plus, il n’est prévu aucune sanction pour les négligents. S’agit-il d’une position très circonstancielle lancée pour calmer un peu le jeu ou d’une réelle volonté d’éradiquer le mal ? L’avenir proche nous le dira.

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