Nous avons été les premiers à réagir vigoureusement à l’annonce d’une absence de participation, cette année encore, à travers nos articles des 6 et 7 avril sur ce blog. Petite anecdote attendrissante, une jeune et avenante collaboratrice, bien naïve ou sans doute un peu ingénue, nous a demandé ce que pouvait bien venir faire le tube de Mytosil dans l’illustration d’une aussi sombre information. Pour couper court à tout cliché éculé, précisons qu’elle était nettement brune ascendant auburn. Il fallut se tirer de cette mauvaise passe en évoquant, de façon allusive et la moins illustrée qui soit, les (derniers ?) outrages qu’ont, et de plus en plus, à subir les salariés Adecco. Elle nous remercia pour cette leçon des choses de la vie.
Revenons à notre participation et résumons. Dès le 4 mars, nous annoncions sur ce blog la publication des résultats Adecco pour le quatrième trimestre et l’année complète 2010. Unanimement, la presse économique saluait la bonne performance attestée par le redressement des bénéfices et quelques autres indicateurs de rentabilité. Naïvement, nombreux furent les salariés à imaginer le retour d’une chère disparue, la participation, et à attendre avec impatience son annonce. D’autant que nous relations la décision du conseil d’administration, volontariste quand il le veut, d’abonder les dividendes pour les porter à 1,10 CHF l’unité, ce qui dans l’esprit de nos lecteurs témoignait d’un bel élan de générosité qui ne pouvait s’arrêter aux actionnaires. On connait la suite : pour les salariés, ce sera « la tête à Toto », c’est-à-dire zéro plus zéro.
Mais les campagnes électorales politiques ayant finalement du bon, le chef de l’État vient d’annoncer des mesures sur la participation, l’intéressement et des primes spécifiques. Avec notamment une prime d’au moins 1 000 € pour l’es salariés d’entreprises versant des dividendes afin de « contraindre les entreprises à associer les travailleurs à la création de richesses« . En ajoutant même qu’il devait y avoir augmentation des salaires dans les entreprises augmentant les dividendes versés à leurs salariés et que « s’il y a une prime pour les actionnaires, il faut avoir une prime pour les salariés« . C’est presque mot pour mot ce que nous demandons depuis des années. Nicolas Sarkozy serait-il adhérent à la CFE CGC ?
Quant à Christine Lagarde, ministre de l’économie, elle ajoute « Si l’entreprise réussit, ce n’est pas seulement parce que les actionnaires mettent du capital, c’est aussi parce que les salariés font du bon travail« . Adhérente CFE CGC, elle aussi ? La ministre annonce aussi une obligation de dialogue avec les organisations syndicales en vue d’une négociation de ces primes.
Enfin un autre de nos adhérents (au moins virtuel) renommé, François Baroin, ministre du budget parle d' »un dispositif de justice et d’équité » et se fait plus précis encore quand il affirme que « tous les jours, toutes les semaines, on nous annonce des augmentations de distribution de dividendes, de primes exceptionnelles, de bonus pour les grands patrons. Tout le monde, tous les salariés qui participent à l’augmentation de richesse de leurs entreprises doivent pouvoir bénéficier de dispositif« .
Ces principes et directives étant posés, il reste bien sûr à attendre leur concrétisation au travers de dispositifs législatifs et des négociations qui s’ensuivront.

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