L’institut Montaigne est un « think-thank », c’est-à-dire un « machin » ultra-libéral comme il en existe de nombreux, ayant la prétention de penser à notre place. Cet institut entretient depuis un certain temps une lubie qu’il estime géniale : le CDI flexible qui remplacerait le CDD en assouplissant fortement le CDI actuel. L’objectif affiché étant bien entendu de faciliter la rupture des contrats de travail.
L’institut insiste sur la précarité qu’engendre la multiplication des CDD, ce en quoi il a parfaitement raison et sur l’insécurité pour les salariés, ce qui est encore rigoureusement exact. Notons qu’aujourd’hui, 79,5% des embauches se font en CDD selon les chiffres officiels de la DARES et la moitié des moins de 24 ans travaille en CDD. Moins d’un salarié sur trois signe un CDI pour une première embauche. C’est toute une génération qui est précarisée et dont l’horizon professionnel recule mois par mois au rythme des avenants. Difficile de bâtir quoi que ce soit dans ces conditions. Le plus irritant c’est de voir les apôtres de la précarité venir vous prêcher les vertus de la souplesse du haut de leurs décennies de CDI, bien calés dans leur moelleux fauteuil en cuir.
Sur la base d’un constat juste quant à la rigidité du CDD et à la complexité de sa mise en oeuvre, notamment la limitation des renouvellements, l’institut Montaigne propose un CDI flexible qui deviendrait le contrat de travail unique avec souplesse maximale. Ce serait un contrat ressemblant étrangement au CDI de chantier, c’est-à-dire s’arrêtant avec la réalisation de son objet. Le motif de rupture serait en effet la « réalisation de l’objet initial défini ». En contrepartie de cette précarité généralisée, l’employeur s’engagerait à proposer des reclassements – on sait ce que cela signifie – et à verser une indemnité… On sait aussi… Il subsisterait néanmoins un délai de carence entre deux CDI afin, nous affirment ces doctes personnes, d’éviter les abus. Trop aimables !
Cerise sur le gâteau, l’employeur pourrai modifier unilatéralement le contrat de travail du salarié. Ben, tant qu’on y est !
 Cette prétendue innovation n’est en fait que la mise en musique d’un projet pas si nouveau que ça qui officialiserait la fin du CDD en même temps que celle du CDI actuel pour les remplacer par une sorte de contrat hybride au service de la précarité généralisée.

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