Aujourd’hui chacun sait qu’une grande partie des « P2 » sont d’ex-« P1 » pour la simple raison qu’un de leur collègue a souhaité bénéficier, avant eux, des conditions d’un départ volontaire. Ce jargon totalement incompréhensible pour les non-initiés commence à être familier aux salariés concernés et recouvre nombre de cas divers et de situations quasiment insolubles.
Ainsi donc, les salariés désignés « P1 » se sont vu expliquer la suppression de leur poste et la nécessité qu’ils avaient à aller voir ailleurs, et vite si possible, si nous y étions. Cette situation a, comme on l’imagine aisément, créé des fractures irrémédiables et les salariés concernés ont, plus ou moins lentement mais sûrement, amorcé un processus de séparation et même de deuil. L’entreprise ne voulait plus d’eux, eh bien ils allaient la quitter.
Les uns ont cherché un emploi, d’autres n’en trouvant pas ou désireux d’améliorer leurs connaissances ont opté pour une formation tandis que les plus intrépides s’ingéniaient à finaliser une création d’entreprise. On imagine aisément, pour les uns comme les autres, les moment difficiles qu’il a fallu vivre, les doutes, les hésitations et la crainte de se fourvoyer sans parler de ce sentiment de déception et bien souvent de colère et d’abandon de se voir ainsi « supprimé » après avoir tant donné et y avoir tant cru. La contrepartie d’un chèque de départ parfois relativement important donnait des ailes aux uns et minimisait le déchirement d’autres.
Et voici que bon nombre de ces « postes supprimés » en priorité, ces fameux « P1 », après des mois de cogitation, de démarches actives et de recherche d’emploi ont appris que, par le jeu des chaises musicales, ils devenaient tout simplement « P2 » et qu’il leur faudrait par conséquent attendre qu’un hypothétique « P1 » sollicite leur remplacement pour leur permettre de bénéficier des conditions de départ qui leur semblaient pourtant acquises et avaient motivé l’ensemble de leurs démarches et surtout leur décision de quitter l’entreprise.
Aujourd’hui ces dizaines de « P1 » devenus bien malgré eux « P2 » oscillent entre découragement et une colère sourde qui ne demande qu’à s’exprimer. Ils ont tout simplement le sentiment d’avoir été dupés, bernés, mystifiés, qu’on leur a menti. On aura beau leur expliquer que le processus était ainsi défini depuis l’annonce du Plan, rien n’y fait.
De nombreux cas nous sont remontés de salariés désappointés, prêts à renoncer à leur projet plutôt que de quitter l’entreprise une main devant, une main derrière mais qu’en sera-t-il de leur motivation chez Adecco ? Quel investissement personnel pourra-t-on encore exiger d’eux après pareille déconvenue ? Poser la question, c’est y répondre.
Aujourd’hui, comme chaque semaine dans les commissions de suivi du PDV auxquelles nous participons, nous en appelons à l’équité et au bon sens de la direction pour qu’elle assouplisse au plus vite les règles de ce Plan de départ volontaire ayant gravement désorganisé l’entreprise. Qu’au moins soient examinées au cas par cas les demandes de tous les salariés ex-« P1 » devenus « P2 » pendant que murissait leur projet de départ de l’entreprise. Ce serait aussi le moyen d’éviter les dizaines de procédures en gestation mais surtout de limiter de façon très concrète la démotivation et le gâchis humain générés par une réorganisation de ce type et cette ampleur.

2 Commentaires

  1. Et que dire des salariés P1 à qui l'on fait croire qu'ils sont P2 alors qu'aucune modification officielle de leur statut n'a eu lieu depuis le 2 juillet 2012. Un petit arrangement entre amis à tout simplement permis de faire partir un autre salarié !!!!!! Tant pis pour ton projet et ton congé de reclassement, mais tu peux nous donner ta démission ou prendre un congé sans solde …………..

  2. Et les P1 auxquels on assure qu'ils sont prioritaires face aux P2 sur les nouveaux postes et qui se font finalement recaler au profit d'un P2 …

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