Les chômeurs, nouveaux « nantis » ?
Pour le Grand Démontage il se trouvera toujours des complices, partisans de décisions irréfléchies et à courte vue. Ainsi la presse tente-t-elle de convaincre nos concitoyens que le chômeurs sont trop payés. Qu’il y ait des tire-au-flanc et des feignasses pathologiques parmi eux, personne n’en disconvient mais de là à suspecter l’ensemble des salariés privés d’emploi, il y a un pas qu’il serait dangereux de franchir. Voici dans Capital.fr l’exemple-type de la manipulation en cours, annonciatrice d’une baisse des indemnités-chômage dans un pays comptant plus de 5 millions de demandeurs d’emploi. Il y aurait donc, selon cet article, deux-tiers des Français favorables à une baisse des allocations-chômage. Parions que ces deux-tiers occupent (très provisoirement) un emploi mais depuis quand administre-t-on une nation à coups de sondages, bidonnés ou non ? :
« Non, les Français ne sont pas radicalement opposés à une baisse des
allocations chômage. D’après d’un baromètre de la société Viavoice, 69%
sont favorables à une réduction des indemnités des plus aisés. Nombreux
sont d’ailleurs ceux qui préconisent de les indexer sur les revenus.
Parmi
les 1.000 personnes interrogées, 63% se disent pour la suppression des
allocations pour les chômeurs, qui refusent trois offres successives. En
revanche, sur la question de la réduction des allocations, les réponses
sont plus mesurées : 46% sont pour, 47% contre.
Autre tendance relevée par l’enquête : 72% des sondés estiment que les
allocations familiales devraient dépendre des revenus des bénéficiaires.
Voilà qui devrait conforter le gouvernement dans son choix de
moduler les allocations familiales, comme prévu dans le projet de loi de finances de la sécurité sociale. « 
Voir aussi, dans le même média l’article dont le titre patelin semble poser les ingrédients d’une véritable réflexion alors qu’il ne s’agit en fait que de préparer les esprits à une paupérisation accrue des demandeurs d’emploi : « Assurance chômage : les chômeurs sont-ils vraiment trop payés ?« . Le « vraiment » vaut son pesant de taxes nouvelles et son classement au palmarès de l’hypocrisie.
On observera au passage que les euphémismes et circonlocutions édulcorées ont disparu du paysage : adieu les « demandeurs d’emploi » et autres « personnes privées d’emploi » ; voici revenu le temps des « chômeurs ». Le poids des mots.

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