On aura beau triturer les chiffres dans tous les sens, revoir le mode de classement des demandeurs d’emploi et radier tout ce qui bouge ou plutôt ne bouge pas assez, rien n’y fait, le chômage continue à progresser. Par un tour de passe-passe assez futé, Pôle Emploi a transféré une partie des demandeurs d’emploi de la catégorie A, celle qui monopolise l’attention de l’ensemble de la classe politique et médiatique, vers les catégories D et E qui ne seraient pas en recherche d’emploi et surtout beaucoup moins médiatiques. 
Abracadabra ! Voici 10 000 chômeurs volatilisés, disparus des statistiques comme par enchantement. Ce tour de bonneteau a permis au ministère du Travail d’annoncer, non une régression, bien entendu, pas même une stabilisation mais un ralentissement dans l’aggravation du chômage avec « seulement » 1 300 demandeurs d’emploi de catégorie A supplémentaires au mois de juin. Il s’agit en quelque sorte d’un coup de frein dans l’augmentation ou d’une embellie dans la dégradation. La ficelle est un peu grosse mais nous sommes en juillet et le vacancier, qu’il soit juillettiste ou aoûtien, se montre souvent nettement plus nonchalant qu’en période active. Des couleuvres qu’il lui faut avaler dans l’année, on peut assez facilement le faire passer au boa en période estivale. A peine s’est-il rendu compte qu’hier, le 27 juillet, se fêtait un peu partout en France le jour de la libération fiscale 2015.

Cette subterfuge excepté, force est de reconnaître que, contrairement à l’ensemble des nations européennes, le chômage continue à progresser en France. La hausse est continue, sans pause, ni exception, depuis 33 mois maintenant, plaçant la France à la traîne de l’Europe. Ce fléau décroit globalement et de façon moyenne dans l’ensemble des 28 pays européens, sauf en France. Le nombre
d’inscrits progresse de 0,6 % en juin et de 8,5 % en un an pour les 50
ans et plus en France métropolitaine. Dans les catégories A, B et C, il
monte également de 0,5 % en juin et de 10,8 % en un an pour les
personnes à la recherche d’un emploi depuis plus d’un an, et même de
1,4 % et de 19 % pour les chômeurs inscrits depuis plus de 3 ans… Quand au chômage de plus de 50 ans, la situation continue donc à se détériorer à grande vitesse malgré les fameux plans pour le maintien dans l’emploi des seniors et autres poudres de perlimpinpin relevant le plus souvent des farces et surtout attrapes.

On mesure ici l’inanité des coûteuses politiques de traitement social et de soutien à
l’emploi telles que les emplois d’avenir, les primes à l’embauche ou les orientations vers des formations inadaptés qui n’ont, bien souvent, qu’un effet provisoire sur les chiffres.

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