Oursin planqué dans le porte-monnaie
Allons-nous devenir champion national du gel des salaires en France ? Toutes catégories, s’entend. On peut légitimement se poser la question à l’issue de la deuxième réunion des négociations annuelles obligatoires (NAO) qui s’est tenue hier à Villeurbanne. Bien sûr, rien n’est joué et de plus tout est confidentiel – et vous allez vite comprendre pourquoi – puisque le processus abusivement dénommé « négociation » est en cours, mais nous sommes un droit d’exprimer un ressenti, une forte intuition, presque une prémonition…
Si aucune revalorisation des salaires fixes n’était attribuée cette fois, ce serait la huitième année consécutive que les fixes n’auraient pas évolué d’un centime. Un record absolu, non seulement dans la profession mais aussi dans l’ensemble du monde économique ainsi que dans l’administration. Connaissez-vous dans votre entourage, votre famille, vos amis, un salarié, employé, à quelque niveau et dans quelque domaine que ce soit, privé ou public, qui n’ait bénéficié d’aucune augmentation du moindre centime en huit années ? Ne cherchez pas trop et n’importunez pas plus que ça votre environnement : cela n’existe pas. Nos concurrents ont bien entendu bénéficié ici et là de petites augmentations régulières. La branche du travail temporaire, ordinairement pingre, s’est quand même laissé arracher de modestes réajustements. Même le Smic bénéficie de mesures régulières et légales de revalorisation.
Nous serions donc, si la direction décidait de geler cette année encore les fixes, la seule entreprise en France à avoir totalement bloqué les salaires huit années durant. Un record absolu et quasiment imbattable. Si tel était le cas, nous communiquerons largement sur le sujet par l’ensemble des moyens à notre disposition. Mais attendons la fin des négociations et les décisions qui en résulteront.
Bien sûr, il nous est régulièrement évoqué la possibilité d’augmentations individuelles. Mais de quoi parle-ton ? Pour combien de salariés ? Selon quels critères ? A quelle hauteur ? En fonction de quelle enveloppe ? Quand ? Nous n’aurons bien entendu jamais de réponse à ces légitimes interrogations. Un épais rideau de fumée entoure ce point pourtant crucial pour les salariés. Le sujet des salaires semble devenu tabou. Esquivé au quotidien comme lors des entretiens annuels, il fait l’objet de palabres dilatoires dans les NAO dont nous imaginions, bien naïvement sans doute, qu’elles constituaient le lieu propice à ce débat.
Rotation importante des effectifs, difficultés inouïes à recruter par manque d’attractivité, baisse de motivation, rien n’y fait : la direction poursuit sa course folle aux profits, dansant éperdument au rythme du schweizerörgeli* de la direction zurichoise.


* Schweizerörgeli : petit accordéon suisse utilisé pour le folklore traditionnel.

6 Commentaires

  1. Ca c est fait ? De quoi parles tu ? Continuer de se battre ? Encore aurait il fallu commencer à le faire. Le temps passeest rien ni fait. Depuis le temps que l on reclame un mouvement social rien ne bouge. Fermeture d agence, collègue en arrêt, detachement sur une autre agence, nous nous sentons abandonnés par les instances syndicales, preuve en est je pense le manque de commentaires sur ce site. J ai cru en vous en avril 2013. Je ne crois plus en vous à présent. Dire tout haut ce que tout le monde pnse tout bas ? Et après? Pensez à nous lorsque vous êtes sur vos heures de delegations, de CE, de chsct, et à présent d ambassadeurs gptw. N oubliez le "pourquoi" vous êtes là.

  2. Le commentaire de l'"Anonyme" de 21h37 démontre, s'il était nécessaire, la méconnaissance de nombreux collègues pour l'action d'une partie des élus. Je comprends l'inquiétude, le désarroi et la colère des salariés mais insinuer ou prétendre que l'ensemble des élus ne font rien prouve que l'auteur de ce commentaire n'en fréquente pas de près (ou il ne fréquente pas ceux qui s'investissent sans compter.

    Trajets inclus, nos horaires sont considérables et nous sommes sur tous les fronts. Nous ne ménageons pas notre peine et certains le savent qui nous connaissent.

    Avant de ne plus croire en nous, j'aimerais rappeler à ce conseiller anonyme que les taux d'abstention sont énormes et que l'ensemble des organisations syndicales peinent à faire de nouvelles adhésions et trouver des candidats pour les élections professionnelles. Il y a pourtant tant à dire et à faire !

    Clairement, nous ne ferons rien ou pas grand chose sans une adhésion massive des salariés Adecco. Nous ne pouvons défendre les salariés sans eux et encore moins malgré eux.

    Alors, cher conseiller, si tu le souhaites et veux croire à nouveau dans les instances, viens partager notre action, te positionner sur les listes des élections professionnelles et agir dans l'intérêt et pour la défense des salariés.

    Nous t'attendons avec bienveillance.

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