Du 8 au 26 août, rediffusion du meilleur de l’année. Publié le 9 octobre 2015

Oursin planqué dans le porte-monnaie

Allons-nous devenir champion national du gel des salaires en France ?
Toutes catégories, s’entend. On peut légitimement se poser la question à
l’issue de la deuxième réunion des négociations annuelles obligatoires
(NAO) qui s’est tenue hier à Villeurbanne. Bien sûr, rien n’est joué et
de plus tout est confidentiel – et vous allez vite comprendre pourquoi –
puisque le processus abusivement dénommé « négociation » est en cours,
mais nous sommes un droit d’exprimer un ressenti, une forte intuition,
presque une prémonition…

Si aucune revalorisation des salaires fixes n’était attribuée cette fois, ce serait la huitième année consécutive que les fixes n’auraient pas évolué d’un centime.
Un record absolu, non seulement dans la profession mais aussi dans
l’ensemble du monde économique ainsi que dans l’administration.
Connaissez-vous dans votre entourage, votre famille, vos amis, un
salarié, employé, à quelque niveau et dans quelque domaine que ce soit,
privé ou public, qui n’ait bénéficié d’aucune augmentation du moindre
centime en huit années ? Ne cherchez pas trop et n’importunez pas plus
que ça votre environnement : cela n’existe pas. Nos concurrents ont bien
entendu bénéficié ici et là de petites augmentations régulières. La
branche du travail temporaire, ordinairement pingre, s’est quand même
laissé arracher de modestes réajustements. Même le Smic bénéficie de
mesures régulières et légales de revalorisation.

Nous serions donc, si la direction décidait de geler cette année
encore les fixes, la seule entreprise en France à avoir totalement
bloqué les salaires huit années durant
.
Un record absolu et quasiment imbattable. Si tel était le cas, nous communiquerons largement sur le sujet par l’ensemble des moyens à notre disposition. Mais attendons la fin des négociations et les décisions qui en résulteront.

Bien sûr, il nous est régulièrement évoqué la possibilité
d’augmentations individuelles. Mais de quoi parle-ton ? Pour combien de
salariés ? Selon quels critères ? A quelle hauteur ? En fonction de
quelle enveloppe ? Quand ? Nous n’aurons bien entendu jamais de réponse à
ces légitimes interrogations. Un épais rideau de fumée entoure ce point
pourtant crucial pour les salariés. Le sujet des salaires semble devenu
tabou. Esquivé au quotidien comme lors des entretiens annuels, il fait
l’objet de palabres dilatoires dans les NAO dont nous imaginions, bien
naïvement sans doute, qu’elles constituaient le lieu propice à ce débat.

Rotation importante des effectifs, difficultés inouïes à recruter par
manque d’attractivité, baisse de motivation, rien n’y fait : la
direction poursuit sa course folle aux profits, dansant éperdument au
rythme du schweizerörgeli* de la direction zurichoise.

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