« Les CE en veulent à ma chère cassette »
Nous y sommes et la menace est devenue réalité.  La voici toute crue : les Comités d’établissement ne disposent pas aujourd’hui d’un budget suffisant pour garantir un cadeau de Noël. Le 4 mai dernier, dans l’article « Budget social Adecco : peut (nettement) faire mieux« , nous expliquions l’obligation légale de respecter rigoureusement la législation empêchant d’affecter une partie, même minime, du budget fonctionnement, dont nous ne manquons pas, au budget social qui nous fait cruellement défaut. Le faire consisterait à commettre un délit mettant le Commissaire aux comptes dans l’impossibilité de certifier ceux des CE et nous exposerait donc à un signalement au Procureur de la République. Cette mesure légale est à l’origine destinée à lutter contre les malversations des CE défrayant régulièrement  les chroniques de presse. Passons.
Ajoutons à cela la dévolution non effectuée des biens des CE, puisque la tremblante organisationnelle a fait passer le découpage de deux à quatre CE et qu’il s’agit de répartir les biens de certains et les dettes d’autres…, afin de clarifier la situation comptable.
Notre dernière chance reposait donc sur un geste de la direction. Soit un geste ponctuel, pour Noël 2016, afin de gérer l’urgence et surmonter l’inévitable crise qu’engendrera immanquablement l’absence de cadeau de Noël, soit une augmentation pérenne du taux du budget social. Rappelons, une fois encore, que le taux de budget social alloué par la direction aux Comités d’établissement est le plus faible, et de très loin, de la profession : de l’ordre de deux à quatre fois inférieur à la concurrence. Comme la plus belle femme au monde, les Comités d’établissement ne pourront donc offrir ce qu’ils n’ont pas.
La réponse de la direction vient de tomber : il n’y aura pas de geste financier destiné au cadeau de Noël. Pas un radis, pas le moindre fifrelin. Notre demande n’a pas même été réduite, divisée par deux ou pire encore : ce sera peau de zébi.
 Nous aurons pourtant tout essayé et cette décision ne remet évidemment pas en cause l’implication de notre interlocuteur au quotidien mais Harpagon en a décidé ainsi. Nous compatissons aux difficultés auxquelles vont être confrontés l’ensemble de nos collègues en agence lorsqu’il faudra répéter à longueur de journée : « cette année, il n’y aura rien pour Noël ». Ambiance dans les agences, notamment BTP mais pas seulement, dans l’ensemble des agences. Le cadeau de Noël, c’était la garantie pour les salariés permanents aux salaires riquiqui comme pour les intérimaires d’un peu de plaisir, du paquet que l’on ouvre avec un sourire d’enfant, d’un bel objet que l’on ne s’achèterait pas forcément, d’un geste marquant cette fête exceptionnelle…
A vrai dire, il existe encore une piste, la dernière à explorer : le crédit. Il se peut en effet que l’un ou l’autre des Comités d’établissement décide de réclamer à la direction une avance sur les subventions à venir afin de réaliser quand même une modeste opération pour Noël. Le problème évident de cette formule c’est qu’il faudra bien rembourser l’avance et ce remboursement amputera forcément l’année 2017. La réalité comptable augure donc d’une fin d’année difficile et d’une grande modération dans l’attribution d’actions sociales par les Comités d’établissement en 2017. 

8 Commentaires

  1. Personnellement, ça fait un an que je n'attends plus de cadeau de l'entreprise.
    Et je n'ai pas l'impression qu'on en aura plus dans les années à venir…

  2. Bonjour
    Bien que chez un concurrent les budgets soient un peu plus élevés, les problèmes rencontrés sont les même, le budget étant amputé d'un tiers, avec maintenant l'étanchéité des budgets nous sommes tous dans la même galère.
    Et je vous rassure notre direction est également restée sourde à nos demande d'augmentation des budgets pour compenser les nouvelles règles comptables.
    Les cadeaux existent dans nos entreprises mais que pour les actionnaires et les dirigeants, c'est une règle que nous connaissons bien.
    Martial LAMACHIA
    Secrétaire du
    Comité central
    Manpower France

  3. il est où le bonheur, il est où ?
    et le cice il est où ? dans les fouilles de nos actionnaires !
    il est où bonheur, il est où ?
    ça devient la bérézina Dalida !

  4. Après la disparition de la rémunération variable,de la participation et du cadeau de Noël c'est quoi la prochaine étape ?

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