Le Comité central d’entreprise du 18 octobre s’est bien tenu en présence du patron de Middle Office et le moins qu’on puisse dire c’est que l’ambiance était électrique, du genre haute tension. Nos deux articles mais aussi les commentaires qui s’en suivaient ont fait l’objet d’une charge contre leurs auteurs, ce qui rappelle les paroles d’une vieille chanson affirmant en substance : »Il a dit la vérité, il doit être exécuté ». J’ai quand même rappelé qu’il était plus aisé et même un peu facile de tirer sur le lanceur d’alerte que de traiter les anomalies qu’il dénonce. Mais terriblement moins efficace…
Rappelons qu’éthiquement, moralement et même juridiquement, nous avons le devoir de dénoncer les situations estimées à risques, les souffrances et les comportements pathogènes. S’en abstenir relèverait d’une grande lâcheté, bien entendu, mais aussi, juridiquement, de non assistance à personne en danger.

Le patron de Middle Office, visiblement perturbé par notre prose tenta de nous expliquer que les choses avaient été certes difficiles mais que jour après jour des améliorations se faisaient sentir et qu’aujourd’hui sent nettement meilleur qu’hier et bien moins bon que demain.

Le hic c’est qu’à aucun moment nous n’avons entendu évoquer la moindre proposition concrète, la plus maigre ressource allouée, la plus infime attribution de moyens supplémentaires. Pas même un maigre aveu ou le moindre zeste de contrition. Les pistes d’amélioration ne manquent cependant pas, sous réserve que l’oncle Picsou accepte de desserrer un tantinet les cordons de la bourse (et de la Bourse). Nous avons d’ailleurs conservé précieusement les conclusions d’une analyse d’expert concernant les Centres de services dont AUCUNE des préconisations n’a jamais été retenue.

Rien de nouveau sous le soleil et d’ailleurs, la veille de cette réunion, j’écrivais à une élue d’une autre organisation syndicale : « Que X  vienne au CCE, c’est sans
doute une bonne chose mais il risque fort de se limiter à expliquer aux élus que nous sommes qu’il y a eu des difficultés mais
que le plus dur est passé et que tout ira de mieux en mieux et
tralalalalère…
« . Eh bien voyez-vous, don de voyance ou prémonition, c’est exactement ce qui s’est passé.

Mais la réunion n’aura pas été vaine puisque les organisations syndicales ont décidé d’agir de manière plus organisée et visible. Preuve qu’il est parfois salutaire de jeter un pavé dans la mare.

Mais attention, rappelons ici qu’il est impossible de tout attendre des syndicats : ceux-ci ne peuvent s’avérer efficaces que dans la mesure où les salariés les approchent, les informent, les sollicitent et surtout s’efforcent, dans leur pratique professionnelle, de respecter à minima la législation en vigueur. Par exemple, comment voulez-vous que nous défendions avec efficacité certains salariés acceptant de travailler gratuitement jusqu’à minuit ou plus tard encore, pour un salaire des plus modestes ? Selon nos informations, de nombreux salariés Middle Office travailleraient en effet sans rémunération jusqu’à entre 10 et 20 heures par semaine au-delà de la durée légale et cela, sans aucune majoration, c’est-à-dire gratuitement… Comment voudriez-vous dans ces conditions réclamer une augmentation de salaire ? Une salariée aurait même subi un accident de la circulation en rentrant chez elle à… une heure du matin ! Mais chut ! il ne faut pas le dire ! Eh bien si : il va falloir le dire, l’écrire, le crier si nécessaire, sans quoi rien ne changera.
Il revient urgemment à la direction d’accorder des moyens, des moyens humains essentiellement. Des solutions existent, notamment d’anticipation, d’accompagnement, de formation,  qu’interdit aujourd’hui une gestion purement financière, court-termiste, au jour le jour. Nous reviendrons sur le sujet aussi souvent qu’il sera nécessaire.

2 Commentaires

  1. Bonjour,

    Je réitère ma question sur l'un des précédents articles :
    Pourquoi est ce que le CHSCT ne demande pas une expertise ?

    "Bon sang, c'est un doit alors utilisez le bon sang : Article L4614-12".

    Il vous faut quoi de plus ?
    Que les permanents se fassent menacer est la preuve que seule une étude externe, permettra de rencontrer des membres du MO sur 1 ou des sites et assurer une neutralité/anonymat.

    Pourquoi cela ne bouge pas ? c'est pourtant clair :
    L4614-12 alinéa 1:
    Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail peut faire appel à un expert agréé :
    Lorsqu'un risque grave, révélé ou non par un accident du travail, une maladie professionnelle ou à caractère professionnel est constaté dans l'établissement.

    alors ?

  2. Inutile d'attraper un coup de sang, cher Anonyme de 11h27. Les organisations syndicales ont pleinement conscience maintenant de la situation et lorsque nous écrivons que les organisations syndicales (celles qui le veulent) ont décidé d'agir de manière plus lisible, les choses sont claires : oui, il y aura des visites de sites, sans doute des expertises et si nécessaire des droits d'alerte.
    Nous avons jeté un pavé dans la mare et sommes prêts à assumer les conséquences qui en découleront.
    Mais, répétons-le, rien ne se fera sans l'appui des salariés concernés. Leur coopération, leur expérience et leurs informations nous sont précieuses.

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