Dans un récent article « Cohabitation imposée à deux, à trois et pourquoi pas à quatre« , nous dénoncions cette pratique qui consiste à imposer à des salariés, dans un cadre de réunion professionnelle, un partage de chambre à deux et même, maintenant, à trois, au prétexte d’économies à réaliser. ce qui relève clairement d’une atteinte à la vie privée et au bien-être. 

Nos élus ont bien entendu posé la question en réunion des Délégués du personnel, en rappelant notamment les termes de l’article L1121-1 qui stipule que « nul ne peut apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives de restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché ».

La direction, parfaitement consciente du mécontentement et du mal-être que peut provoquer une telle cohabitation imposée, répond assez benoîtement, nous verrons pourquoi que « Lors d’évènements ou réunions organisés par la Direction, il est proposé des solutions d’hébergement. Bien souvent, l’hébergement est en twin (par ex : formation, kick off …). En aucun cas il ne s’agit de contraindre les collaborateurs de dormir à plusieurs dans une même chambre. En ce qui concerne la marche à suivre : le collaborateur qui ne souhaite pas partager sa chambre avec un collègue peut contacter l’organisateur du déplacement ou de l’évènement afin de trouver une solution.« 
Alors là, chapeau l’artiste ! Loin de modifier cette pratique qui contrarie 100% des collègues interrogés sur le sujet, la direction persiste et signe. Tout d’abord, rappelons que ce n’est pas « bien souvent » que l’hébergement est proposé en twin mais systématiquement. Premier point. Deuxièmement, la solution apportée reste bien loin de nous satisfaire même si nous notons une avancée suite à notre action. Le salarié qui refuse cette concubine d’un soir, « peut » contacter l’organisateur de la réunion afin de « trouver une solution ». Mais quelle solution trouver, hormis celle qui consiste à attribuer une chambre individuelle ? Pourquoi ne pas le dire et l’écrire tout simplement ?
Nous comprenons bien que cela demeurera une gestion de l’exception, la règle demeurant la chambre partagée. Combien de salariés oseront en effet entreprendre la démarche, au risque de se voir taxer de « manque d’esprit d’équipe », voire d’être un peu « sauvage » et trop peu « corporate » si ce n’est « coincé » ? 
Allons, reconnaissons-le, un bout de chemin a été effectué mais il convient aujourd’hui d’aller au bout de la démarche et d’attribuer à chaque salarié une chambre individuelle, fut-ce dans un établissement de moindre qualité, comme nous le suggèrent de nombreux collègues. Gérons à ce moment-là l’exception dans l’autre sens : que les salariés qui souhaitent partager une même chambre le fassent savoir à l’organisateur de la réunion.
Il en va de la qualité de vie au travail et du bien-être de chacun.

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