Dans les colonnes de Libération (consulter ici l’article complet),
François Hommeril, président de la CFE-CGC, réagit vivement aux propos
tenus le 27 septembre par Edouard Philippe sur une possible future mise
en place d’une dégressivité des allocations chômage des cadres.

Comment avez-vous réagi en entendant Edouard Philippe jeudi soir remettre « le sujet sur la table » ?

Je
suis tombé de l’armoire… Je suis triste et déçu car le gouvernement se
lance à nouveau dans une opération de communication populiste. Ce qui
est plus grave, c’est de faire croire que la dégressivité des
allocations-chômage va faire baisser le chômage. C’est faux ! Toutes les
études ont démontré que ce système est inefficace. Remettre le sujet
sur la table, c’est aussi con que de se poser la question de savoir si
on peut changer le degré de la fusion de l’eau. Et alors prendre
l’exemple des cadres… Mais de qui le Premier ministre parle-t-il ? De
Bernard Arnault ? Des PDG du CAC 40 ? Moi aussi, je peux y aller dans
les propos populistes ! Les cadres financent l’assurance-chômage : leurs
cotisations représentent 42% des ressources du régime quand 15% des
allocations vont à ce même public. Que les cadres participent à la
solidarité entre salariés, c’est très bien ! Mais il est inadmissible de
tenter de les en exclure. Le gouvernement n’a pas le droit de faire ça.
Pourquoi tenterait-il de le faire selon vous ? Pour individualiser davantage la protection sociale ?

Je
ne le crois pas… Car individualiser vers le privé voudrait dire que
ceux qui ont moins de risques d’être au chômage, les cadres, paieraient
moins cher ! Quel est l’intérêt ? Je l’ai dit au gouvernement : je ne
veux pas qu’un directeur commercial qui se retrouve au chômage à 52 ans
après un plan social soit, demain, obligé de vendre sa baraque pour
payer les études de ses enfants ! C’est stupéfiant de voir un homme
comme Edouard Philippe tomber dans la stigmatisation des cadres. Ce qui
coûte de l’argent au régime d’assurance-chômage, ce sont les
permittents, les contrats courts : cela représente 4 à 6 milliards
d’euros. C’est colossal !
Mais pourquoi le gouvernement tient-il à ouvrir ainsi le chantier de la dégressivité ?

Parce que la France est gouvernée par le café du commerce. Tout le
monde connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qui a pris du bon temps
avec ses allocations-chômage avant de reprendre un emploi. Mais c’est
une petite minorité. La réalité, c’est que beaucoup de cadres qui
perdent leur place entre 45 et 65 ans ont du mal à retrouver un emploi
équivalent, avec le même niveau de rémunération. Les attaquer, c’est
scandaleux.
CFE-CGC le syndicat qui défend réellement les cadres 

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