Nous ne débattrons pas ici de l’intérêt ou non du CDI intérimaire. Progrès social et moindre précarité pour les uns, contrat hybride et fallacieux pour d’autres, chacun semble désireux de camper sur sa position. Mais le véritable débat porte aujourd’hui sur l’augmentation exponentielle du nombre de contrats CD2I signés et en attente de conclusion chez Adecco. Dans une conjoncture porteuse permettant d’assurer l’employabilité de ces salariés, tout baigne et la formule s’avère même appréciable et appréciée par les équipes, d’autant que la rentabilité légèrement déclinante aujourd’hui, demeure tout à fait correcte.
Mais en cas de ralentissement économique sévère et de recul du marché de l’intérim, quid des CD2I qu’il deviendra de plus en plus difficile de placer dans les entreprises clientes ?
Nous, élus CFE-CGC, avons évoqué ce problème en Comité d’entreprise et clairement demandé si Adecco avait l’intention de mettre la pédale douce sur les objectifs de CD2I. La réponse fut claire, nette et sans appel : il faut à tout prix poursuivre la conclusion du plus grand nombre possible de CD2I, conformément aux objectifs ambitieux de l’entreprise.
Pourtant, depuis plusieurs mois, nous constatons à chaque CE, lors de la présentation des chiffres de l’entreprise, une augmentation continue du taux d’inter-missions. Nous ne pouvons livrer ici publiquement les chiffres mais vous assurons que le mouvement à la hausse est bien réel depuis plusieurs mois. Bien entendu, les chiffres actuels n’ont rien d’affolants mais l’indicateur se dégrade sensiblement . Il n’est pas bien difficile d’anticiper une poursuite de cette dégradation si notre marché ne se ressaisit pas. Viendra alors le temps où la rentabilité du CD2I risque de se transformer en charge plombant l’agence. Ce n’est pas nous qui le disons mais un certain nombre de Directeurs d’agence parfaitement lucides à ce sujet auxquels on demande pourtant de conclure toujours davantage de contrats CDI pour intérimaires. Certaines agences emploient déjà 30, 40, 50 ou davantage de ces CDI et  leurs équipes n’osent même pas imaginer ce qu’il adviendrait en cas de ralentissement économique sévère.
A ceux qui pourraient penser que la situation a peu de chances de se produire, nous leur conseillons simplement de taper « crise économique 2019 » dans le moteur de recherche de leur choix.

3 Commentaires

  1. C'est juste, toujours et toujours plus mais quid du "on en fait quoi quand il n'y a plus de missions".
    La lucidité, je l'ai eu il y a 2 ans. Mon DZ me disait: "Tu n'es pas corporate".
    Quand les choses ce sont compliquées, on a pas hésité à me dire de savoir trouver les bons mots pour faire comprendre que si je pouvais rompre son contrat, ça serait pas mal. Pour qui, pourquoi, comment… à moi de me débrouiller.
    La logique de bon sens n'est plus chez Adecco. Il ne faut pas oublier non plus que même si c'est du CDI Adecco, il n'en reste pas moins lié au synonyme de précarité, les contrats d'intérim ne sont-il pas des contrats précaires?

  2. que faire des milliers d'intérimaires CDI quand on ne pourra plus les placer aussi facilement.On continuera à nous dire de développer la CT en payant 30 ou 40 CDI restant à la maison ? aucune visibilité,aucune prévision,aucun bon sens !

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