Chez Adecco, la GPEC c’est un peu comme l’Arlésienne : on en parle beaucoup mais on ne l’entrevoit guère, on ne perçoit pas même le froufrou de son jupon. Pourtant la réouverture triennale de cet accord fait partie des obligations d’une entreprise – articles L2323-56 et 1233-4 du code du travail – et offre surtout un l’incontestable opportunité d’anticiper, en fonction des évolutions prévisibles de son activité, les évolutions de ses besoins en compétences et savoir-faire. Et comment imaginer un instant que la digitalisation galopante ne modifiera pas en profondeur les métiers et organisations dans le travail temporaire comme dans l’ensemble des activités, notamment de services.

Notre accord GPEC jauni au fond d’une armoire et sans doute enserré de toiles d’araignée, tendance Halloween, nécessite d’urgence une réouverture, une reprise des négociations et une adaptation à un contexte déjà modifié en profondeur. Et pourtant, la direction joue à cache-cache depuis des années, comme si elle redoutait plus que tout l’ouverture loyale d’une négociation engageant l’avenir des salariés… Ce ne sont pourtant pas nos relances et rappels à la loi qui ont manqué. Il est vrai qu’il y a près d’un an, la direction avait impulsé deux réunions sur la GPEC, les 5 et 15 décembre 2017 pour aussitôt abandonner le processus de négociation, au prétexte qu’il fallait préalablement établir une cartographie complète des emplois et compétences. Cette année, après une première réunion le 28 septembre et à l’issue de la seconde, le 26 octobre, bis repetita, la direction supprime les dates suivantes et met fin à la négociation en cours au prétexte qu’il faut préalablement…. établir une cartographie des emplois et compétences. Que craint la direction ? A quoi riment ces reculades répétées, cette crainte d’entrer dans le vif d’un sujet essentiel pour l’avenir des salariés ? 

Une gestion prévisionnelle intelligente et loyale des emplois et compétences devrait normalement, par les anticipations qu’elle permet, éviter le choc des plans sociaux mais, hélas, lorsque l’on relit le préambule de l’accord de 2009 « les parties ont négocié les dispositions du présent accord afin d’anticiper les évolutions d’Adecco France notamment dans le cadre du projet Team 2012 présenté aux institutions représentatives du personnel (…) » et que l’on se souvient du dénouement dudit projet qui se solda par un plan social de grande ampleur, on demeure circonspect.

Malgré cette triste expérience, nous demeurons convaincus, plus que jamais, qu’il urge d’anticiper les évolutions d’une activité et d’une entreprise préparant à marche forcée la digitalisation de leur prestation. Il nous parait difficile de penser un instant que la direction ne porte aucun projet, ni n’envisage aucune modification de son organisation pour les années à venir.

5 Commentaires

  1. Silence sur les NAO ? Pas de notre part en tous cas : dès le 22 octobre, nous avons été les premiers (et les seuls à ma connaissance) à communiquer sur le sujet (voir notre article "C'est parti pour les Négociations annuelles obligatoires (NAO) !

    La communication au quotidien et l'information libre, c'est résolument sur notre blogue (depuis plus de 10 ans) !

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