Du 29 juillet au 23 août, rediffusion du « meilleur de l’année »
Article publié le mercredi 2 janvier 2019
 
Face
à la colère grandissante d’une partie importante de la population, le
Président de la république a préconisé, lors de son intervention
télévisée, le 10 décembre dernier, aux entreprises de verser à leurs
salariés une prime défiscalisée à hauteur de 1 000 euros au maximum.




Suite à notre demande officielle,
Adecco vient de faire connaitre sa position et versera une prime à
chaque salarié remplissant les critères et selon des modalités diffusées
dans le réseau et que nous n’avons pas à divulguer publiquement. Nous
ne mentionnerons que le montant maximal de 700 euros pour les
ayants-droit et nous réjouissons évidemment pour eux. Ce geste viendra
minimiser un peu la sévère perte de pouvoir d’achat que nous subissons
depuis trop longtemps et il est donc bienvenu pour les salariés les
moins rémunérés.




Malheureusement, le
plafond de rémunération fixé à 30 k€ brut par an exclut, de fait, sinon
tous les cadres, tout au moins la majeure partie d’entre eux
. C’est
l’injustice habituelle qui consiste à ne toujours réserver les « coups
de pouce » qu’aux salaires les moins élevés, comme si les autres ne
subissaient pas de plein fouet une baisse de leur pouvoir d’achat. Ce
nivellement continu par le bas s’avère, hélas, à la fois conforme à la
préconisation présidentielle et à l’air du temps. Encore le Président
fixait-il quand même à trois fois le SMIC le seuil de rémunération
en-deça duquel la prime sera exonérée, soit 54 763,92 €, près de deux
fois le plafond fixé par l’entreprise. Mais même en prenant en compte ce
seuil plus élevé, le principe reste le même : pourquoi donc
continuer à ignorer la diminution constante du reste-à-vivre de ceux
dont le seul tort consiste finalement à avoir acquis une situation
relativement confortable à force d’études, de talent, de travail et
d’assumer des responsabilités ?




En
qualité d’organisation syndicale catégorielle dédiée aux cadres et à
l’encadrement, nous constatons que le destin des classes moyennes dont
les cadres constituent les gros bataillons, se limite trop souvent au
rôle d’éternelles vaches à lait qu’il convient de traire jusqu’à
épuisement complet
. Les classes moyennes occupent en effet, bien
malgré elles, le premier rang des victimes du racket fiscal hexagonal
et, à ce titre, leur pouvoir d’achat ne cesse de régresser sérieusement,
année après année. Comme le rappelait récemment François Hommeril,
président de la CFE-CGC, si les cadres figurent parmi les principaux
contributeurs à la solidarité nationale, par le niveau de prélèvements
qu’ils subissent, ils n’en profitent que modestement. La devise qui
pourrait leur être dédiée serait « payer toujours plus et recevoir
toujours moins », au nom d’un égalitarisme qui n’affiche pas son nom mais
qui commence à fâcher sérieusement. Même ceux qui réussissent à garder
le sourire en affichent un de plus en plus jaune…




Au
nom des cadres que nous représentons, nous avons manifesté auprès de la
direction et continuerons de le faire, notre désaccord sur ce geste
bien réel mais qui témoigne, sinon d’un mépris, tout au moins d’un
manque de reconnaissance et d’une sorte de désintérêt pour le niveau de
vie de ses cadres et par conséquent pour leur implication et leur
investissement.

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