Intérim : comment l’enseigne familiale Proman, 4e du marché français, va chercher les candidats qui boudent les agences 

Le
premier réflexe d’un demandeur d’emploi n’est plus de pousser la porte
d’une agence d’intérim, dit Roland Gomez, le patron de Proman. Pour
attirer des chômeurs plus volatils, son groupe, 4e sur le marché du
travail temporaire en France, tente diverses initiatives : forum de
l’emploi maison, bus ou mini-van sillonnant les zones rurales, « appli »
pour smartphones, « goûter intérimaires », conventions avec Pôle emploi…
Et s’appuie aussi sur la cooptation comme vecteur de recrutement. En
revanche, l’enseigne mise peu sur le CDII – un « bon concept » mais
décevant « dans la vraie vie », juge le PDG.
L’emploi
intérimaire décroît et la Nouvelle-Aquitaine ne fait pas exception ; la
région accusant une baisse de 3,2 % au premier semestre 2019, selon les
dernières données de Prism’Emploi. Pour remédier à ces difficultés de
recrutement, le groupe Proman a organisé mi-septembre, à Mérignac, un
forum de l’emploi pour intéresser les candidats, qui ne poussent plus
trop les portes de ses 12 agences de la métropole bordelaise.
Une
première pour cette entreprise familiale qui compte 460 agences,
principalement en France. « Nous avons souvent participé à des forums
emploi ou des job dating proposés par des municipalités ou par Pôle
emploi. Mais aucun salon n’était jusqu’à présent à notre initiative »,
répond Olivier Doirat, le directeur opérationnel de Proman pour le
Sud-Ouest.
 

DIFFICULTÉS DE RECRUTEMENT POUR LES POSTES D’EXÉCUTION

Malgré
une économie bordelaise « très dynamique », Proman a du mal à trouver des
candidats à Bordeaux et dans ses environs, dit-il : « le problème se
situe sur les postes d’exécution. Il existe un décalage entre les
diplômes des demandeurs d’emploi et l’image que les candidats se font de
nombreux métiers. Notre rôle est de mieux faire connaître les métiers
et les évolutions qu’ils permettent. Par exemple, l’industrie et la
mécanique souffrent souvent d’une image dégradée alors que ces secteurs
permettent des évolutions vers des postes d’encadrement. »
Pour
rapprocher offre et demande, Olivier Doirat a donc convié ses clients
et prospects à Mérignac le 12 septembre dernier pour un forum « Job
Galaxie », coorganisé avec son centre de formation « maison » Impact
consulting, avec Pôle emploi et les missions locales. Bilan ? « 850
demandeurs d’emploi » se sont déplacés et « une quinzaine est repartie dès
le soir même avec un poste ». Trois ou quatre autres profils ont été
sélectionnés par les agences de l’enseigne de travail temporaire.
 

BUS DE L’EMPLOI, JOB-MOBILE, « GOÛTER INTÉRIMAIRES » ET « APPLI »

Une
formule qu’Olivier Doirat envisage de reproduire à Toulouse, même s’il
ne veut pas miser uniquement sur ce type d’initiative pour capter « des
candidats qui ne répondent pas ou plus aux annonces ». Les réseaux
sociaux sont aussi « importants à condition de repérer les bons canaux »,
estime-t-il.

Roland Gomez, PDG de Proman
Son patron, Roland Gomez, le PDG de Proman, approuve. « Les difficultés à recruter des intérimaires sont vécues de façon variable selon les bassins d’emploi. Mais nous constatons globalement que le passage en agence n’est plus le premier réflexe d’un demandeur d’emploi », dit-il. Et il encourage donc ses équipes à aller les chercher sur le terrain. Proman a ainsi développé un bus de l’emploi en zones rurales ou une job-mobile en Normandie – un mini-van à l’intérieur duquel peuvent être conduits des entretiens.


LA COOPTATION RÉCOMPENSÉE
L’enseigne
familiale investit aussi des « budgets importants dans les outils
technologiques » comme une application mobile où Proman « pousse » sur le
téléphone des candidats à l’intérim les annonces les plus proches de
leur profil et/ou de leur lieu de vie. Un virage numérique indispensable
pour toucher les jeunes générations mais qui n’exclut pas d’autres
approches pour fidéliser et créer du lien. Ainsi, à La Ciotat, l’agence
locale Proman organise tous les jeudis un « goûter intérimaires » avec
cakes et jus de fruits, raconte le PDG.
« Mais
un de nos meilleurs vecteurs de recrutement, ce sont nos intérimaires.
La cooptation fonctionne de plus en plus. Au doigt mouillé, je dirai que
par ce biais nous arrivent 30 % de candidats aujourd’hui », estime
Roland Gomez. Et ceux qui jouent les ambassadeurs se voient récompensés
par des chèques-cadeaux ou des primes.
 

UN CDI INTÉRIMAIRE QUI DÉÇOIT

Proman
ne travaille pas en vase clos et collabore, « de façon plus ou moins
resserrée selon les territoires », avec Pôle emploi et les autres acteurs
du SPE (missions locales, PLIE, associations, collectivités). « Nous
avons signé une convention avec Pôle emploi en Auvergne-Rhône-Alpes pour
partager nos bases de données et agir de concert sur certains sujets
comme l’intégration des chômeurs de longue durée. Un autre accord est
dans les tuyaux avec Pôle emploi Île-de-France », explique Roland Gomez.
Tout en assurant ne pas courir après un affichage politique ou
institutionnel : « une convention n’est intéressante que s’il y a du
concret derrière », dit-il.

En
revanche, le PDG de Proman, Roland Gomez, ne croit qu’à moitié au
pouvoir incitatif du CDI intérimaire pour attirer les candidats et les
garder. « Le CDII est intellectuellement un bon concept mais après il y a
la vraie vie. Est-ce que les gars en sont contents ? Pas vraiment si je
regarde le nombre de démissions et de ruptures conventionnelles »,
dit-il. Le PDG reconnaît avoir été moins volontariste que d’autres
enseignes sur le CDI intérimaire (voir encadré ci-dessous), n’en
proposant que 1 000 à 1 500. Il
estime à un quart environ le nombre des bénéficiaires de ces contrats
qui y ont mis un terme. Déçus, dit-il, par l’absence d’indemnité de fin
de mission, par la fin de la monétisation des congés payés alors que
beaucoup cherchent avant tout à « accroître leur pouvoir d’achat ». Dans
la tête d’un demandeur d’emploi, la récompense ultime reste le CDI de
droit commun, jugent Roland Gomez et son directeur pour le Sud-Ouest,
Olivier Doirat.
Source : AEF

5 Commentaires

  1. Une solution similaire avait été proposée dans le cadre du pouvoir d’entreprendre il y a 2 ans. Non retenue par les participants du kick off

  2. Et oui, merci à monsieur PROMAN pour cette belle analyse. Il faut adapter le CDI INTERIMAIRE et pas vouloir en faire pour se faire bien voir et faire plaisir aux politiques et au risque de se faire licencier par nos chers dirigeants d'Adecco parce qu'o n'en a pas fit assez ! Les CDI INTERIMAIRES restent des contrats précaires et qui ne durent pas dans le temps. Ils permettent juste de faire plus de marge aux entreprises de travail temporaire !!!!!!!!!!!!!!!!!

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