Un excellent résumé…
Fin décembre, c’est-à-dire juste après la clôture des élections professionnelles et avant les fêtes de Noël et de fin d’année, la direction s’est empressée d’abattre ses cartes et de révéler une bonne partie des décisions qu’elle mijotait depuis un certain temps : budgets exorbitants, fermetures d’agences, avec les conséquences humaines que l’on imagine, NAO, prime PEPA…. Combien de Directeurs d’agence n’ayant même pas pris les cinq minutes nécessaires pour voter aux élections professionnelles ont-ils appris, juste quelques jours après le dépouillement du second tour, qu’ils ne seraient plus DA et devraient se positionner au plus vite sur un autre poste. Si poste il y a et à condition d’accepter de changer de métier. Sinon, accompagnement vers la porte, une main devant, l’autre derrière.

Nos collègues ont compris depuis belle lurette qu’ils allaient encore et toujours davantage se faire tondre et que l’entreprise ne s’arrêterait jamais de jongler avec la première variable d’ajustement qui soit dans notre profession : la masse salariale. Lorsque l’on impose, sans aucune discussion possible, dans une conjoncture difficile et sur un marché hyper-mature, une hausse de 30 % en moyenne de contribution totale, on fait le choix de ne plus attribuer, ou si peu, de part variable aux collaborateurs. Et encore ne s’agit-il que d’une moyenne nationale. Pour quelques agences au budget raisonnable, combien se sont vu imposer des progressions à + 40, + 50 % et même au delà… Nous avons pris connaissance hier d’un budget à + 55 % pour une agence déjà très profitable et en progression depuis des années. Au fou ! Ces orientations de la direction sont pleinement et ouvertement assumées, comme celle de geler pour la treizième année consécutive la rémunération fixe.
C’est qu’il faut trouver de l’argent, beaucoup d’argent, pour fidéliser l’actionnaire-glouton, celui auquel on a promis que, même en cas de conjoncture difficile et de baisse des résultats, ses dividendes continueraient de progresser, quitte à emprunter comme l’entreprise le fait régulièrement. En gros, pour lui, c’est pile tu gagnes, face tu gagnes et tranche tu gagnes encore.
Dans notre article « On connaissait « Come together » mais voici Growtogether, nettement moins sympathique« , nous mentionnions l’orientation suivante « D’ici mi-2020, le programme d’économies baptisé « Growtogether »
doit permettre d’épargner 250 millions d’euros d’ici 2020, dont 50
millions dès cette année
(2019 NDLR). La direction a par ailleurs promis aux
actionnaires une politique « progressive » de rémunération, y compris en
cas de récession mondiale ». Et à votre avis, comment et où va-t-on trouver les 200 briques manquantes en 2020 ? Adecco 2020, cela vous dit quelque chose ?
Voilà, nous y sommes. Cette année, nous pouvons hélas prédire que l’immense majorité des agences n’atteindra pas son budget, comme l’an dernier, avec les impacts évidents sur la rémunération variable. Il va falloir s’habituer à vivre avec son fixe. Deux incidences positives pour la direction : une baisse immédiate et conséquente de la masse salariale et une accélération du turn-over qui permettra de baisser plus rapidement encore les effectifs. 
Nous restons mobilisés et travaillons à un plan d’action pour la défense des salariés, de tous les salariés, même de ceux qui n’ont pas pris les cinq minutes nécessaires pour voter.

Prochainement sur ce blogue :

GPTW, des résultats en trompe-l’œil

Vers un mouvement social chez Adecco ?
Les cadres frappés de plein fouet par la réorganisation
Ce qui a changé au 1er janvier
Adecco peut pas PEPA ?

8 Commentaires

  1. Allez c'est partit plus de blabla, de promesses, de prévisions, il faut se mobiliser. Vous syndicats êtes les chefs d'orchestre de cette mobilisation. Nous avons voté pour vous. A vous de mettre des choses en place à présent. Des choses factuelles. 2012 300 personnes à Nantes. L'ouest va mal l'ouest doit bouger

  2. A Vomir…
    est ce légal? les objectifs ne doivent-ils pas être atteignables? Ne peut-on pas se retourner contre l'entreprise?
    quant à ces agissements lamentables pour que les actionnaires profitent encore et toujours ne peuvent ils pas être dénoncés au grand public? Ne peut-on pas faire intervenir les médias pour que cela cesse?
    pression, plan déguisé, salaires gelés durant 13ans quand chaque année nos gestionnaires travaillent en janvier sur les grilles de nos clients qui augmentent…
    Il serait temps de montrer le vrai visage de cette entreprise qui se dit leader en RH et se félicite régulièrement à grand coup de com d'être un véritable acteur social, une entreprise formidable………..

  3. L'entreprise peut tenter de qu'elle veut. Si le collaborateur ne se manifeste pas en n'acceptant pas ses objectifs, ça vaut acceptation. Renseignez-vous auprès de la CFE CGC comme je l'ai fait. Chacun d'ente nous doit agir autrement il est mort pur l'année à ce sujet et surtout au fixe ! Pas la peine de se lamenter après !!!

  4. Le problème ce n'est pas de signer ou pas signer l'avenant mais c'est d'émettre des réserves…. INDISPENSABLE d'écrire vos réserves par rapport à l'objectif en les expliquant. Sinon en cas de litige on supposera que vous étiez d'accord avec les objectifs QUI NE DIT MOT CONSENT

  5. S'il existe un moyen de contester son budget, il faut le communiquer aux agences! Donnez nous la démarche. Vous reprochez aux salariés de ne pas voter aux élections, mais communiquez de manière concrète avec nous, donnez nous de vrais outils pour contester!Et rassemblez les gens!! Il faut créer une inter-syndicale
    Il me semble qu'il est là aussi le rôle des syndicats? Nous informer comme vous le faites si bien sur ce blog mais aussi nous permettre de nous unir. De palier au fait que nous sommes chacun dans nos agences, chacun avec notre colère, notre ras le bol. C'est un confort total pour l'entreprise, on râle dans notre coin, on nous mets un coup de pression pour nous faire taire voir si on l'ouvre vraiment trop on est mis sur le carreau, mais ça passe pour eux, ça passe toujours…L'entreprise gère individu dérangeant, par individu dérangeant mais face à 300/500/800 individus dérangeants, ils seront OBLIGES de faire quelque chose.
    Le rôle des syndicats est de PROTEGER les salariés, chez Adecco la seule manière de faire valoir nos intêrets tout en étant protégé, sans se sur-exposer individuellement, c'est d'agir en masse, grâce aux syndicats.
    C'est à vous de jouer il me semble maintenant, vous savez que les salariés vous suivront…

  6. En total accord avec le commentaire de 11h25. Vous devez vous rassemblez en inter syndical. La manif de 2012 était organisée par l unsa. A vous à présent cfe cgc de le faire.

  7. Bonjour à tous

    En réponse à "Anonyme" de 22h22, j'ajoute une petite précision. L'UNSA s'était fortement investie en 2012 pour le mouvement de gréve mais nous en avions eu l'initiative. Vous retrouverez aisément les preuves de cette initiative sur ce blog. Pas question de compétition ou de vouloir affirmer que nous sommes les meilleurs mais simplement de remettre les choses à leur place.
    Idem d'ailleurs pour le mouvement de gréve précédent.

    Aujourd'hui, une fois encore, nous allons tenter d'organiser une intersyndicale avec tous ceux qui souhaitent se mobiliser au service des salariés. Il suffira aux élus qui veulent continuer à faire semblant de décliner notre offre.
    Mais un mouvement social ne doit pas être considéré comme une fin en soi. C'est une étape dans une démarche plus globale de communication sur laquelle nous travaillons actuellement.

    Par ailleurs, en 2012, si la mobilisation avait été forte à l'Ouest, elle avait été relativement modeste ailleurs et nous ne remercierons jamais assez ceux qui, à l'époque, nous ont suivi un peu partout en France. Vous savez bien et comprenez qu'il est très difficile de mobiliser dans une entreprise comme la notre. IL suffit de constater le taux d'abstention aux élections et de syndicalisation chez Adecco.

    Comment imaginer que celui qui n'adhère à aucun syndicat et ne vote même pas puisse demain se déclarer officiellement gréviste ?

    Ces considérations étant posées, nous vous demandons un peu de patience et de confiance. Nous n'attendrons pas quatre années pour venir vous demander à nouveau votre suffrage car nous avons été élus pour représenter les salariés cadres, les défendre et agir au mieux de leurs intérêts.

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