Communiqué de la confédération CFE-CGC

Le gouvernement a réuni le 26 octobre les partenaires sociaux pour évoquer l’agenda social et les réponses face à la crise, actant notamment le nouveau report de la réforme de l’assurance chômage.

Dans un contexte de crise aigüe et toujours plus incertain, le Premier ministre Jean Castex a reçu, lundi à Matignon, l’ensemble des organisations représentatives syndicales et d’employeurs. Au menu de cette conférence sociale : la crise sanitaire et économique et le suivi des réformes en cours ou à venir.

REPORT AU 1ER AVRIL 2021 DE LA RÉFORME DE L’ASSURANCE CHÔMAGE

La dégressivité des indemnités pour les cadres est particulièrement scandaleuse. Elle sous-entend que des salariés au chômage préféreraient prendre du bon temps plutôt que de rechercher du boulot. »Dans un courrier intersyndical adressé le 14 octobre dernier au Premier ministre, la CFE-CGC, la CFDT, la CGT, FO et la CFTC avaient unanimement renouvelé la nécessité, face à la situation de l’emploi et du chômage, de reporter et d’abandonner la réforme gouvernementale de l’assurance chômage décidée en juin 2019, puis reportée jusqu’à la fin de l’année 2020. Si l’abandon de la réforme n’est pas envisagé, le gouvernement a acté hier son nouveau report, au 1er avril 2021. Celle-ci prévoit notamment un durcissement des conditions d’indemnisation et une dégressivité des allocations pour les cadres.

« C’est une très mauvaise réforme, a rappelé François Hommeril, président de la CFE-CGC. Continuer de défendre une réforme punitive sans aucun lien avec la compétitivité économique, mais dont le seul objectif est de serrer la vis aux demandeurs d’emploi, est irresponsable. La dégressivité des indemnités pour les cadres est particulièrement scandaleuse. Elle sous-entend que des salariés au chômage préféreraient prendre du bon temps plutôt que de rechercher du boulot. Pourtant, de nombreuses études ont montré le caractère contre-productif du système dégressif. Cela revient à punir tout le monde sous prétexte qu’il y a quelques abus. »

TÉLÉTRAVAIL : PLACE A LA NÉGOCIATION ENTRE PARTENAIRES SOCIAUX

Il conviendra notamment de distinguer le télétravail classique et le télétravail contraint comme durant la crise sanitaire. »

Dans un contexte persistant de crise sanitaire et alors que les entreprises sont incitées à recourir au télétravail, les partenaires sociaux engageront, comme le demandait la CFE-CGC, une négociation nationale interprofessionnelle le 3 novembre. « Pour la CFE-CGC, il conviendra notamment de distinguer le télétravail classique et le télétravail contraint comme durant la crise sanitaire, qui n’est rien d’autre que de la Continuité d’activité à domicile (CAD) dans des conditions souvent dégradées, explique François Hommeril. Si la CAD est prolongée, nous devons parvenir à un accord qui encadre, au niveau national, les conditions dans lesquelles s’exerce ce télétravail contraint, en protégeant les salariés avec des garanties collectives. »

PLAN DE RELANCE, SALARIÉS DE DEUXIÈME LIGNE, PARTAGE DE LA VALEUR

Conditionnalité des aides aux entreprises et évaluation des dispositifs, chômage partiel… Les partenaires sociaux seront associés au comité de suivi du plan de relance économique de 100 milliards d’euros déployé par l’exécutif.

Concernant la reconnaissance (revalorisation des salaires, conditions de travail, emploi et carrières) des salariés dits « de deuxième ligne » durant la crise, une mission sera prochainement lancée par le ministère du Travail.

Enfin, s’agissant du partage de la valeur au sein des entreprises, le gouvernement va programmer d’ici la fin de l’année une réunion multilatérale avec les partenaires sociaux.

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