Après les changements déjà entrés en vigueur en 2020 mais aussi plusieurs reports et quelques mesures repoussées aux calendes grecques, la fameuse réforme de l’assurance-chômage qui fit couler tant d’encre et jaillir autant de postillons entrera donc en vigueur au 1er juillet de cette année. 
Certes amendée, adoucie mais encore néfaste pour les ayant-droit dont les droits vont précisément en prendre un sacré coup. Dame, c’est que la plus belle fille au monde ne peut guère donner que ce qu’elle a, comme l’affirme le dicton. Et c’est qu’elle n’a plus grand chose à offrir la pauvresse ! Rien anticiper, dilapider, laisser filer l’impressionnante fraude fiscale et la colossale fraude sociale devaient bien se payer un jour ou l’autre, c’était l’évidence. Nous y sommes et la prochaine étape planifiée sera la retraite.

 

Ce sont environ 38% des allocataires qui devraient y laisser des plumes dont essentiellement les plus précaires. Le rechargement des droits échappe, pour le moment, à un rallongement du délai à 6 mois sur les 24 derniers mois pour demeurer à 4 mois. En période faste et de dynamique d’emploi, pourquoi pas en effet allonger cette période mais une telle mesure en pleine récession et au milieu d’une myriade de plans sociaux aurait relevé d’une bien mauvaise action. Cette mesure à contretemps des réalités économiques et sociales aurait exigé des demandeurs d’emploi de travailler davantage dans un contexte où l’on embauche moins. La logique purement financière et comptable de nos institutions se heurte au mur de la réalité. Nous allons néanmoins vers plus de pauvreté et de précarité. La réactivation, dans ce contexte, du débat sur le revenu universel ou de base n’a évidemment rien d’anodin.

La mesure d’allongement serait conditionnée à la conjoncture économique et à son éventuelle amélioration sur une période de six mois – « la clause de meilleure fortune » – démarrant au 1er avril prochain. Le principal critère retenu portera sur l’évolution favorable du nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A (sans aucune activité) inscrits au Pôle Emploi. A suivre lorsque l’on sait que près d’une PME sur deux n’exclut pas le dépôt de bilan dans l’année à venir… Quoiqu’il en soit ce sont plus de 800 000 salariés dont les allocations devraient diminuer, moins que prévu initialement, c’est vrai, mais il s’agit évidemment d’une paupérisation quand même. Pour les cadres, trop souvent dindons de la farce, pour ceux tout au moins dont la rémunération s’élève à plus de 4 500 euros par mois, la mesure de dégressivité des allocations-chômage qui devait intervenir dès le septième mois ne s’appliquera finalement qu’au neuvième mois. Dur… dur… quand même de se faire tondre à la fois par un délai de carence inéquitable, dissuasif et six mois plus tard par une dégressivité du barème alors que l’on figure parmi les plus gros contributeurs.

En synthèse, les contrats courts, relativement bien indemnisés jusqu’à ce jour, reviennent dans le collimateur et ce sont les plus précaires d’entre tous qui vont subit les conséquences logiques du libre-échangisme débridé et de ses conséquences sur l’emploi. Malgré les aménagements et adoucissements du texte initial, Inutile de préciser que la CFE-CGC s’oppose très clairement au niveau national à ces mesures régressives.

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