Les concurrents, tout au moins un certain nombre d’entre eux, pourraient au moins avoir la délicatesse de nous remercier. En effet, nous constatons chaque jour sur le terrain qu’ils doivent en grande partie leur progression et leur réussite à d’ex-collègues transfuges de Adecco partis pour diverses raisons mais essentiellement à la recherche d’une meilleure rémunération.

C’est un peu la règle dans tous les domaines d’activité où l’on constate que les majors n’ont de cesse de former des nouveaux entrants qui, une fois un certain niveau d’expertise acquis, traversent la rue, comme dirait l’autre, pour améliorer leur situation.On a toujours dit et su que les champions d’une profession servaient d’école pour leurs concurrents. Mais de toute école il faut bien un jour sortir. Il y a quelques années, ce fut Proman qui draguait éhontément tout ce qui bougeait et dont une grande partie des équipes provient du groupe Adecco. Les dirigeants père et fils de cette entreprise accueillaient à bras ouverts ceux que la direction considère comme des renégats et qui leur livraient savoir-faire, relationnel local et clientèle sur un plateau moyennant bons soins et rémunération motivante. Le phénomène de transfuge ne concerne qu’à la marge les majors, aussi vrai que bien peu nombreux sont ceux qui se sentent de quitter bonnet blanc pour coiffer blanc bonnet. Tant qu’à changer, autant changer vraiment.

Outre la rémunération, de nombreux témoignages nous font part d’une meilleure considération, d’une moindre charge administrative et de report et par conséquent d’un retour au métier. Ils insistent sur leur satisfaction de retourner à nouveau sur le terrain, de rencontrer des clients pour les commerciaux et des candidats pour les recruteurs. Ils nous évoquent aussi l’agilité encore possible dans une structure grossissante mais encore à visage humain, tout en étant parfaitement conscients que la possible évolution vers une cotation en bourse sonnerait le glas de ces atouts.

Aujourd’hui ce serait surtout Adéquat, mais pas seulement, qui bénéficie des promotions de l’école de formation à l’intérim qu’incarne aujourd’hui notre entreprise sur le marché. Les embauches d’anciens Adecco s’enchainent mois après mois, à se demander si cette entreprise ne devient pas un peu une sorte de succursale ou de filiale. Concernant les moyens-grands acteurs de la profession tels Synergie et Crit, souvenons-nous de l’exfiltration d’un Directeur de région chez l’un et, plus récemment, du sauvetage de l’un de nos cadres dirigeants chez l’autre.

Ces dernières années, ce sont des dizaines et sans doute des centaines de nos collègues qui, toutes fonctions confondues, s’en sont allés grossir les rangs et user leur énergie commerciale à nous tailler des croupières jour après jour. Chaque départ à la concurrence de l’un des permanents Adecco se traduit perte durable de chiffre d’affaires, de clients, de rentabilité et souvent même de salariés intérimaires. Curieux que notre direction ne se préoccupe pas davantage de la question.

Pour une erreur managériale grave, par exemple, c’est un permanent compétent qui  s’en va exercer ses compétences deux ou trois décennies durant chez l’un de nos concurrents et donc forcément à notre détriment. Combien tout cela nous coûte-t-il ? La direction mesure-t-elle les conséquences de ces transferts ? Si oui, que prévoit-elle pour freiner l’hémorragie, retenir les talents et fidéliser ceux qui la font vivre ?

11 Commentaires

  1. Je partage a 100%
    Et ce n est pas fini vu l évolution du système de rémunération, le manque de considération et les changements incessants, les salariés fatiguent.

  2. En 2016, j’ai refusé de signé l’avenant au budget. Etant sur 2 agences, je bloquais, à l’époque le passage de l’ensemble des salariés de ces 2 agences au « système budget ».
    A l’époque, mes collègues ne voulaient pas signer mais après diveres pression de notre Directrice de Zone, elles ont finalement suivit….sauf moi.
    Finalement, c’est cette Directrice de Zone qui m’a proposé la rupture conventionnelle avec levée de ma clause de non concurrence et 6 mois de salaire. A croire qu’elle devait être « objectivité » sur le nombre d’adhésions au nouveau système.
    Le matin je signais ma rupture conventionnelle et l’après-midi je déposais mon CV chez les concurrents.
    Au bout d’une semaine, PROMAN je prenais juste après mon préavis avec un salaire augmenté de 20% et la « carotte » de 2000€ si je ramenais 20 clients en 3 mois.
    Motivé et remonté comme une « pendule » je peux vous dire que la phrase  » bonjour Mr le client, je peux vous faire la même qualité de service mais beaucoup moins cher » trouvait un certain échos sur le bassin où je prospectais.

  3. Je confirme pour Adequat qu’il y a des postes à pourvoir moins de reporting et de procédures et on peut faire notre métier

    • Le pire c est que même si on veut partir on ne peut pas à cause des clauses
      Ils veulent que l on parte mais sans rien payer
      Même pas capable de nous faire un PSE
      Des rats en fait

  4. La direction à force de vouloir tout contrôler nous rend de moins en moins agiles , ni même réactifs
    Devis plus une vaste farce pour la sacro sainte rentabilité
    Leur problème c’ est que le système de rEm est tellement pourri qu ils ont peur que nous faisions n importe quoi alors ils verrouillent tout
    Mais de trop et trop maladroitement
    Les gars , ne cherchez plus vos PDM , nous passons notre temps à gérer des tâches et des opportunités, à découvrir goéland et devis plus mais plus assez sur le terrain avec nos clients et nos intérimaires le voilà le problème
    Mais personne ne veut le voir
    Alors nous continuerons à alimenter la concurrence jusqu’à ce que nous nous décidions à partir nous mêmes
    No futur at WOrk chez Adecco

  5. FRANCHEMENT, c’est à pleurer, nous sommes vraiment sur le TITANIC, aujourdhui c’est quoi le sens ! c’est quoi l’histoire, c qui le pilote dans l’avion ?
    dès que tu commences à l’ouvrir, les DZ ont peur du réseau ! surtout fais bien tes chiffres de la semaine pour que je sois au vert ! hallucinant ? !
    et quand je vois les résultats d’Avril, je n’ai jamais fait ça en 15ans ! et après ils s’étonnent que nous allons aller voir ailleurs ! même les nouvelles recrues hallucinent et fuient ! moi clairement je commence à me poser les questions, maintenant c comment on fait quand on a une clause ?

  6. Article qui résume très bien la situation.
    Avec une direction qui n’en a rien à faire de nous en tant qu’être humain, de plus en plus de process (dont Devis +… sommes nous trop « bêtes » pour calculer notre rentabilité?), un turn over sur des personnes très expérimentées, pas étonnant que le navire coule.
    Et vu le niveau des nouvelles recrues… toutes qualifications confondues…
    Au secours …
    Comme a dit Malcolm Forbes : « payez votre personnel le moins possible et c’est ce que vous obtiendrez d’eux »

  7. Pour beaucoup d’entre nous notre métier devient purement alimentaire surtout lorsque le bassin n’est pas très actif.
    Mais force est de constater que cette situation de rémunération, de pression et d’erreurs managériales qui tournent à la discrimination pèse de plus en plus !
    Plus de 10 ans d’ancienneté, et les personnes recrutées aujourd’hui on plus que notre salaire… ouais du coup l’herbe paraît beaucoup plus verte ailleurs !

    • et l’olivier de ton jubilé , tu le mets où ? au prix ou est l’huile ça va devenir un beau cadeau faudra juste faire des boutures sur ton balcon

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