Côté jardin, on vous exhibe une alléchante charte de parentalité assortie d’un discours lénifiant. C’est beau la vie naissante, non ? C’est très moche de discriminer une jeune maman dont le seul tort consiste à s’être absentée pour donner vie à un petit d’homme. Qu’elle ait pris son strict arrêt maternité ou souhaité accompagner son petit le plus longtemps possible à travers un congé parental, le principe demeure le même : aucune discrimination, ni aucune mesure régressive ne peut venir sanctionner l’absence de la jeune maman. Il ne manquerait d’ailleurs plus que ça ! Et pourtant…

Sur le papier, le législateur fait d’ailleurs preuve d’une grande mansuétude et l’on ne peut qu’apprécier à leur juste valeur les dispositions prises en faveur de la maman : visite médicale de reprise avec aménagement de poste si nécessaire, entretien professionnel, conditions relatives au poste de travail, à la rémunération bien entendu – inimaginable d’envisager une perte de salaire parce que l’on a mis un enfant au monde -, congés payés, droit à l’allaitement pendant les heures de travail, protection contre le licenciement pendant les dix semaines qui suivent l’arrêt maternité, congé parental d’éducation pour la maman qui souhaite se consacrer à l’éducation de son enfant. Et on en oublie sûrement… Rien que du bonheur et de la bienveillance.

Côté cour, la situation s’avère nettement moins engageante comme en témoigne une affaire qui nous a été remontée récemment. C’est un Directeur de zone qui vous appelle bien en amont de votre date de reprise pour sonder vos intentions, en insistant pour le moins maladroitement sur la possibilité (la nécessité ?) de prendre un congé parental : « Si tu ne reviens pas, ce n’est pas un problème » insiste notre lourdingue supérieur hiérarchique. Le pachyderme, pesant disciple de notre cow-boy de l’Ouest, alla même plus loin en lui précisant, plus de deux mois avant la date fatidique de reprise et au cas où elle n’aurait pas capté : « Ce serait bien que tu prennes un congé parental à 100% ou même que tu ne reviennes pas ». C’est fou ce que d’un coup on se sent aimé, attendu… Mais rien à faire, la jeune maman a besoin de son salaire, elle aime son métier et ne demande qu’à le reprendre au plus vite. Quelques jours avant sa reprise, elle s’enquiert néanmoins de la possibilité de reprendre son poste à 80% de son temps, ce que l’on appelle communément un quatre-cinquième.

Et là, surprise ! La proposition (malhonnête) de notre chef se résume à un accord de principe… sous condition d’accepter une mobilité d’environ 220 kilomètres par jour (oui vous avez bien lu, il n’y a pas d’erreur de frappe). Risque routier ? fatigue voire épuisement professionnel ? Pffffffff ! des mots tout ça pour notre discriminant manager ! Quant on aime, on ne compte pas (les kilomètres). Refusant évidemment cette inepte proposition, notre collègue responsable de site et jeune maman voit instantanément sa fonction actuelle de responsable de site vidée de nombre de tâches qui, non seulement lui tiennent à cœur mais, de plus, caractérisent la fonction qu’elle occupe et lui donnent toute sa dimension. Elle devra se contenter de sourcing à longueur de journée et, comme si la « sanction » n’était pas suffisante et sans doute pour l’écœurer tout à fait, il lui est exigé de travailler à la DO et de ne plus se rendre sur son site, celui mentionné sur son contrat de travail, soit dit en passant. Cette discrimination-sanction ne pourra évidemment pas demeurer sans suite et nous ne manquerons pas de revenir sur ce cas emblématique et à la fois particulièrement inquiétant de discrimination envers une collègue cadre de retour de maternité. En attendant, le hiérarchique abusif devrait mettre un bémol sur Netflix et les émissions de Nagui ou autre amuseur pour consacrer une partie de ses soirées à lire la charte de parentalité et surtout à se documenter sur la législation en vigueur sur le sujet – pourquoi ne pas conclure et valider par une interro écrite ? – dont l’application pourrait lui coûter très cher à commencer par son emploi.

40 Commentaires

  1. C’est choquant ! J’espère que ce DZ sera lourdement sanctionné. Ce ne serait pas un copain du cow-boy de l’ouest qui s’est enfin fait démasquer ?

  2. Pour ma part, retour de congé maternité catastrophique également… Une personne a été recrutée sur mon poste. J’ai du demander à plusieurs reprises des nouvelles quant à mon futur poste…. jusqu’à la semaine avant mon retour rien n’était acté.
    On me propose un autre poste.

    Et à mon retour en agence, j’en prends plein la tronche par ma nouvelle DHS…. pendant des mois !!
    Tantôt ignorée, exclue … tantôt humiliée et accusée. Sans aucun soutien de la part ni de ma DZ, ni de ma RH sur ces pratiques de harcèlement.

    Autant dire que je suis plus que RAVIE d’avoir quitté Adecco.
    Je vais me proclamer « Anonyme » mais les plus fins vont certainement comprendre de qui je parle…. « quelque part dans le Nord ».. !

    Tout mon soutien à cette victime. C’est très dur de se remettre de ce genre de situation.
    J’espère que cette fois, il y aura sanction.

  3. C’est infect mais le cas n’est pas isolé. Ça doit rappeler quelque chose à certains collègues du nord
    Le but doit être de baisser les effectifs à tous prix, c’est moins cher qu’un plan social !!!

  4. Je vous remercie de votre soutien,
    Effectivement cette situation est très dure à vivre et d’autant plus que je n’ai pas de motif de la part de mon DZ. C’est l incompréhension totale. Mon erreur, m être absenté pour construite ma vie familiale.

  5. Courage à la victime de ces abus… Ne vous remettez surtout pas en question. Adecco a l’art et la manière de vous faire croire que c’est vous le problème. D’autant plus dans un contexte de retour de congé mat…
    Vous êtes fatiguée ? Ca doit être pcq votre bébé ne dort pas… pas parcequ’on vous fait faire des kilomètres, qu’on vous maltraite au quotidien et qu’on vous sollicite en dehors de vos heures de travail (une grande spécialité assortie d’un message de fausse bienveillance du style « j’envoie mon message à un moment qui me convient mais je n’attend pas de réponse immédiate… » … mais LOL. Si c’est ca, programmez les envois de vos messages pour ne pas nous faire c**** le peu d’heures que nous passons chez nous. A moins que nos dirigeants aiment faire des messages tardifs comme pour justifier leurs gros salaires… ) Pathétique

  6. J’ai du tirer mon lait entre midi et deux pendant des mois dans le placard à balais, dérangée 3 fois par semaine par la femme de ménage.
    Il fallait que je sois à mon poste pour décrocher le téléphone aux horaires d’ouverture d’agence donc IMPOSSIBLE de le faire à un autre moment ….
    Merci la bienveillance (et le code du travail). Dans une entreprise avec tant de femmes, c’est juste n’importe quoi

  7. La gestion des retours de couche est un vrai problème et cela dans l’ensemble des filiales. La pression (non-dite) est forte chez les consultants en recrutement pour continuer à travailler et suivre ses clients pendant notre congé maternité. bref…on est très loin des discours officiels.

  8. Comment est-ce possible de laisser faire ça ? A voir l’article il n’est pas difficile de savoir qui est ce Pseudo-responsable. Son pote vient de quitter l’entreprise. Pour l’avoir bien connu à l’Ouest il a fait beaucoup de mal avant de partir de sa zone.
    Et il continue d’ailleurs à en faire.

    Tout simplement lamentable !!!

  9. Quelle abomination !! Comment c’est possible ??
    Ahurissant !! Les mots manquent devant une attitude aussi lamentable ! Je réclame justice pour cette maman et que l’entreprise paie le prix maximum ! Adecco ne nous mérite plus ça c’est certain !

  10. Le retour des pratiques inhumaines et honteuses ….enfin pour certains cela ne s’est jamais arrêté…
    Les postes de DZ doivent être vraiment formidables pour accepter d’avoir de telles pratiques .
    Bien payés surtout
    Sanctions immédiates pour les bourreaux et leurs dirigeants !!!!!

  11. On touche le fond de l inhumanité, vraiment!
    Mais petit souvenir, lors de mon entretien d embauche en 2018, on m a dit: « je vous embauche mais vous ne faites pas d enfant pendant a minima un an »
    J étais jeune et innocente à cette époque-là et surtout, je ne voulais pas d enfant et j ai signé quand même, ça aurait quand même dû me mettre la puce à l oreille…
    Adecco me voulait tellement me disait-on: bah ils m ont eu!

  12. Lamentable !
    C’est ça l’Adecco de XYZ ? Adecco Leader Mondial des Ressources Inhumaines
    Utilisez le nouveau dispositif de sécurité… C’est du harcèlement !

  13. Sexiste et discriminant !!! Ce qu’on pourrait appeler un délit de maternité!!!! Nous sommes alors bien loin des beaux principes affichés…Courage à cette maman

  14. Quelle honte !
    La journaliste de BFM ferait mieux de s’intéresser à ce qui se passe réellement chez Adecco depuis des années ! Faîtes lui des SMS ou appelez-la puisque vous avez son portable !
    Mais il y a certainement une très forte maîtrise d’Adecco sur ces médias. Il en existe d’autres qui aimeraient certainement qu’on les contacte !

    Même si bien sur le coût de télétravail est d’actualité, je pense que c’est secondaire par rapport à de tels sujets : les Risques Psychos sociaux chez le leader des RH, le turn over, les arrêts de travail pour épuisement professionnel, suicide d’un collègue, la liste noire, des burn-out reconnus en maladie professionnelle, les discriminations , les heures supplémentaires non rémunérées, les méthodes utilisées pour obtenir une rupture de contrat, les pressions exercées pour les signature d’avenant…

    Tout est calculé et programmé chez Adecco. La fin justifie les moyens, c’est ça ? Courage à cette maman-collègue.

    J’ai le souvenir d’une collègue qui avait terminé son congé maternité mais dont l’état de santé nécessitait 1 mois d’arrêt de travail avant de pouvoir reprendre. Et bien, bingo! Elle a été convoquée pour un contrôle médical à la CPAM au bout de 15 jours après l’envoi de son arrêt de travail. Sympa, non ? Un hasard ? Non, pas du tout…

  15. Et ça fini comment ? Est-ce que nos rh se sont intéressés à notre collègue finalement où est-ce qu’ils préfèrent qu’elle craque comme ils ont fait pour moi ?

  16. Et bien sur, mis à part sur votre site, on passe ce genre de comportements pourtant REPETES sous silence.
    Je suis d’accord avec le commentaire de 8H14 : on est dans l’extrême chez Adecco : Harcèlement, pressions, abus, menaces, épuisements, discrimination. Et ces comportements perdurent en toute impunité.
    #stoplamaltraitance

  17. J’ai quitté l’entreprise depuis plusieurs années mais, je vois que Adecco n’a pas changé. Après tout, pourquoi changer une équipe qui gagne ? Pitoyable de tolérer ses comportements pour entreprise comme Adecco en 2022.

  18. J’ai quelques amis bien placés sur des journaux nationaux, peut être dois je les contacter ?
    je plaisante malheureusement ça ne bougera pas !!

  19. Mais comment peuvent-ils rentrer chez eux, le soir, retrouver leurs enfants et se dire qu’ils font de la vie d’autres familles UN ENFER.

    Il y a quelques années, nous avions demandé avec les collègues si Adecco pouvait nous accorder une participation/un partenariat pour avoir des places en crèche (crèche dans le même immeuble que nous). On nous a ri au nez

    Pourtant de bien plus petites entreprises favorisent le retour à l’emploi des jeunes mamans

    Adecco a du perdre de vue à un moment qu’un employé considéré et valorisé est un collaborateur engagé….

    Du coup, 17h59, c’était manteau sur le dos

    Courage à cette maman et honte sur vous les dirigeants

  20. Quand bien même il y a un historique. A quel moment une direction se permet des pratiques discriminante à l’encontre d’une jeune maman ?
    Pratiques banalisées chez Adecco à en lire les commentaires…..

  21. Quand on a seulement le discours d’une des deux parties, c’est facile de faire passer le DZ pour un méchant…Il serait certainement très intéressant de remonter un peu le fil de l’histoire…ceci expliquerait beaucoup de choses…Tout un chacun peut raconter son histoire à sa sauce…à bon entendeur…

  22. A la lecture de trois des commentaires nous comprenons que la direction tente d’allumer des contrefeux. Nous les publions bien volontiers puisque cette partie « commentaires » doit être un lieu d’échanges, de partage d’information et de liberté d’expression. Tant qu’y sont maintenus le respect, la courtoisie si possible et l’absence d’attaques nominatives.
    Aux principaux intéressés, à leur proches et aux témoins d’apporter les précisions et éclairages nécessaires à la meilleure compréhension possible des problèmes évoqués.
    P/o CFE-CGC Adecco

  23. Bonjour,
    Je suis la principale intéressée.
    Visiblement certaines personnes connaissent mieux l’historique !
    Ce qui me surprend c’est qu aucune personne d Adecco excepté la direction et la CFECGC connait mon histoire donc si la CFECGC défend mon cas qui reste-t-il pour se genre de commentaire calomnieux?
    Je peux également présenter mon cas sur place publique au besoin.
    A bon entendeur également …

  24. Chère collègue qui entre dans ce combat du pot de terre contre le pot de fer ne te décourage pas !
    Ce qui m’inquiète est que visiblement la Direction suit de près ce blog et les commentaires. Et rien ne change dans cette entreprise et depuis des années…
    En soi, pas con, un très bon moyen d’anticiper et de préparer sa défense…

    Un jour, l’inspection du travail m’a dit que moins un employeur a de matières dans un dossier plus il est odieux. Mon avocat quant à lui m’a dit qu’Adecco est connu pour ses méthodes de voyous envers ses salariés.

    Tu risques de te sentir seule. Les syndicats sont un bon soutien mais il faut t’entourer au delà : médecin du travail, inspection du travail, avocat, associations de defenses des victimes… Je suppose que c’est déjà fait. Gére tes émotions et après tu vois si tu en parles « publiquement ».

    Quelque soit les motifs de ton DZ, il aurait dû t’adresser des avertissements si il avait des choses à te reprocher….ou faire les choses avec courage et « proprement » en accord avec toi.
    C’est moche…

  25. Bon courage à la victime. Je plussoie le commentaire précédent.

    Allez le plus loin possible dans votre démarche si vous estimez avoir été lésée à votre retour de congé maternité.

    Certes, nous n’avons pas tous les tenants et les aboutissants. Et donc ?
    Rien ne justifie de traiter un salarié aussi indignement.
    RIEN NE JUSTIFIE DE TRAITER UNE PERSONNE AUSSI INDIGNEMENT

    J’ai vécu une situation similaire à la vôtre. Et mon seul regret est de ne pas avoir été rencontrer mon avocat plus tôt et d’avoir voulu régler ma situation en interne

    Courage à vous. Ne les laissez pas vous manipuler. Ne les laissez pas vous détruire.

  26. Juste une question Mesdames et Messieurs de la Direction : ne serait ce pas ce même DZ qui avait « traité » ses collaboratrices de ventres mous ???

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