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La direction doit revoir de toute urgence sa position et notamment revenir sur son refus d’indemniser, même partiellement, les surcoûts pour les salariés générés par le télétravail.

Faute d’accord d’entreprise sur le télétravail chez Adecco, il nous faut nous contenter d’une charte pour la bonne raison qu’une majorité des organisations syndicales avaient refusé d’y apposer leur signature. Nous nous étions bien entendu opposés à ce projet d’accord qui ne prévoyait pas le moindre centime d’indemnisation des frais inhérents à la situation de télétravail (chauffage, électricité, eau, etc…). Relire à ce sujet notre article « Télétravail : le rendez-vous manqué« .

Pourtant le législateur est on ne peut plus clair sur le sujet et notamment l’article L1222-9 du Code du travail qui précise bien que « l’employeur a les mêmes obligations à l’égard du salarié en télétravail qu’à celui des autres salariés » et un arrêt de la Chambre sociale datant de 2001 enfonce le clou puisque la Cour de cassation précise que « les frais professionnels engagés par le salarié doivent être supportés par l’employeur » (cf. notre article « Combien nous coûte réellement le télétravail ?« ).

Aujourd’hui, inutile d’insister sur la conjoncture internationale que tout le monde connait mais qui, en l’occurrence, sert surtout de cache-sexe à une situation beaucoup moins glorieuse pour les gouvernements successifs. L’état actuel du parc nucléaire national, résultante d’une impéritie, d’une absence totale d’anticipation et d’erreurs stratégiques majeures ont amené le pays au bord de la débâcle énergétique. Un chiffre résumera la situation, tout au moins pour l’électricité : le mégawattheure (MWh)  s’évaluera à plus de 1 000 euros sur le marché français en 2023 contre 85 euros il y a un an. Pour ce qui concerne le gaz, chacun connait le contexte et le prix à payer des sanctions à l’égard de la Russie : un gaz dont les prix continueront de s’envoler sur fond de rationnement. Quant aux carburants dérivés de pétrole, les hausses vertigineuses des cours et une folle taxation en feront très prochainement un produit de luxe, « bouclier fiscal » (c’est-à-dire dettes supplémentaires et taxations à venir) ou non.

Revenons à notre sujet après ce rapide préambule pour affirmer que la position rigide de la direction au sujet de l’indemnisation des frais liés au télétravail n’est pas tenable. Il va devenir de plus en plus coûteux de se chauffer, de s’éclairer et de travailler sur PC toute la journée. Le coût des énergies s’envole et pèsera d’un poids de plus en plus lourd sur les budgets des ménages. Notre tract sur le sujet, diffusé en septembre 2020, il y a donc tout juste deux ans, annonçait déjà la couleur « Le télétravail oui…mais sans y laisser de plumes…« . C’était précurseur, presque prémonitoire, et encore ne pouvions-nous imaginer la violence de l’inflation qui s’ensuivrait sur les différentes sources d’énergie. Nous avons toujours essayé, non seulement de coller aux réalités du moment mais surtout d’anticiper, dans l’intérêt de l’ensemble de nos collègues. C’est un peu la marque de fabrique que nous reconnaissent les nombreux cadres avec lesquels nous échangeons.

Plus concrètement encore, le coût d’une présence professionnelle à domicile un, deux ou trois jours par semaine – ou même davantage selon les circonstances… – représentera un surcoût budgétaire pour les salariés qui ne s’élèvera plus à 30, 50 ou 100 euros par mois selon le type d’habitat – voir notre article « Télétravail : moins de rémunération et davantage de frais… » – mais au double, au triple voire au quadruple selon les évènements nationaux et internationaux et aux cours des matières premières qui en découleront. Lorsqu’il faudra sans doute débourser de 100 à 300  € ou davantage encore pour travailler, la situation deviendra vite problématique pour tous et notamment pour les bas salaires qui sont légion chez Adecco.

Nous demandons instamment à la direction de sortir de son mutisme et d’accepter de regarder en face la réalité. Le temps presse, la situation devient déjà difficile pour nombre de ses salariés, dramatique pour quelques autres et nous ne pouvons accepter qu’il ne soit toujours envisagé aucun dédommagement pour une activité 100% professionnelle dédiée à l’entreprise alors même que celle-ci n’en finit plus de réduire ses coûts !

6 Commentaires

  1. Si la direction d’Adecco peut économiser sur le dos des employés qu’elle paye déjà très mal
    Merci Pyramide …
    🐀🐀🐀🐀🐀🐀🐀

  2. Me concernant, avec ce que je gagne (je suis seulement RR), je teletravaille en hiver emmitouflé dans un plaid…
    Je m’y suis résigné car j’ai bien compris que c’était le dernier souci de « là-haut »
    Bah oui, pour comprendre, il faudrait qu’ils aient les mêmes préoccupations ce dont je doute vu le clivage variable recruteurs/reste de la planète Adecco.

  3. Gratter toujours plus de fric et ne rien rendre ! Qu’est ce que vous pensiez ? Vous connaissez la maison ?
    Tenez bon les CGC !!! Je ne lis que vous mais qu’est ce que pensent les autres syndicats ?

  4. il faut payer pour travailler ? De mieux en mieux ! même si les salaires étaient corrects ce serait anormal mais en en plus avec les salaires actuels ça devient grave. A part vous qu’est ce qu’en pensent les autres syndicats ?

  5. Pas beaucoup de réactions sur ce sujet ? Bizarre tout le monde se plaint des salaires et un grand nombre est prêt à travailler en mettant de sa poche. Des fois on ne comprend pas tout

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