Tout n’était évidemment pas à jeter dans l’accord télétravail que nous avons refusé de signer à l’issue d’un processus de négociation qui laissait entrevoir quelque possibilité d’accord sur des aspects incontournables. Hélas, parmi les points d’achoppement rédhibitoires pour nous, il y avait le refus préalable ferme et au final définitif de la direction d’aborder le sujet du dédommagement des frais liés au télétravail. Cette obstination apparait d’ailleurs de plus en plus indécente à la suite des annonces de réduction de la surface occupée à La Défense dont la direction elle-même reconnait un impact financier favorable se chiffrant en millions. Sans parler des dizaines de fermetures de sites, agences et autres de ces derniers mois. Le réseau se contracte à grande vitesse, conformément à nos annonces et anticipations et, notamment au respect du plan d’économie GrowToGether sur lequel nous sommes revenu à plusieurs reprises.

 

Des économies de structure, pourquoi pas et cela nous semble même évident dans un contexte de récession mais, à la clef, pas un centime pour les salariés en télétravail qui financeront de leur poche les surcoûts de chauffage, d’électricité et autres frais induits par une vie professionnelle importée au domicile. Ce blocage fait abstraction des incitations de l’URSSAF, notamment au travers du barème ACOSS (voir notre article « Hiver, télétravail et… factures de chauffage« ).

De plus, même la pourtant peu philanthropique administration fiscale annonçait récemment l’exonération d’impôt sur le revenu des allocations versées aux salariés au titre de l’indemnisation du télétravail. Une exonération certes plafonnée à 2,50 euros pas jour télétravaillé, soit un peu plus de 55 euros par mois dans l’hypothèse de deux jours de télétravail par semaine et dans la limite de 550 € à l’année. Pas de quoi sauter au plafond mais quand même la reconnaissance publique par la plus vorace des administrations, de la réalité d’un coût transféré par l’entreprise aux salariés.

A vouloir le beurre, l’argent du beurre, les charmes de la crémière et son fonds de commerce, l’entreprise ne pousse-t-elle pas jusqu’à l’indécence son souci de rentabilité ? Lésant sciemment des salariés dont la motivation s’érode de jour en jour, ne craint-elle pas de perdre deux, cinq ou dix fois davantage qu’elle ne gagne par des positions mesquines ? A méditer…

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