Avant d’essayer de répondre à cette question essentielle pour le moral et la rémunération en 2024, prenons connaissance du communiqué paru il y a quelques jours sur Zonebourse.com sous le titre “Adecco : les prévisions d’un analyste”.

“UBS s’attend à une nouvelle baisse des demandes d’embauches.

‘Nous voyons maintenant des risques qu’un environnement d’embauche plus faible se prolonge bien l’année prochaine. Bien que la croissance relative et la productivité continuent de s’améliorer, ceci laisse la valorisations exposée’, prévient UBS.

L’analyste dégrade sa recommandation sur Adecco de ‘achat’ à ‘vente’, avec un objectif de cours ramené de 40 à 32,5 francs suisses, une nouvelle cible qui implique un potentiel de baisse de 11% pour le titre du groupe helvétique de services en ressources humaines.”

Voilà, c’est concis et dans l’inimitable style des communiqués de la presse financière mais l’essentiel y est posé : il faut s’attendre à une baisse d’activité l’an prochain, ce qui provoque à la fois une dégradation de la recommandation et une vraisemblable chute du titre, et nous renvoie évidemment à la question posée en guise de titre. L’entreprise prendra-t-elle suffisamment en compte cette perspective dans la fixation des budgets 2024 et des OSI ? D’autant qu’il ne s’agit pas de propos tenus par Dudule ou Joe le Clodo au zinc du Café du Commerce mais d’une évaluation de UBS, société de services financiers de dimension mondiale et aussi la plus grande banque de gestion de fortunes dans le monde. Basée en Suisse, bien entendu.

Ajoutons que cette analyse publiée il y a quelques jours sur fond de situation internationale particulièrement délicate ne peut tenir compte d’une possible et même vraisemblable dégradation, le pire n’étant jamais certain mais toujours possible. A notre niveau et dans notre posture, contentons-nous de plaider pour une fixation de budgets réalistes et en phase avec le contexte politique et économique. Plus que jamais, le volontarisme s’impose en matière de rémunération, notamment par une revalorisation ambitieuse de fixes gelés depuis trop longtemps… et, de ce fait, en complet décalage avec le marché du travail.

Il y a urgence, sauf à gober le dernier article à la une des Échos : “Pouvoir d’achat : l’embellie surprise” qui prétend que le pouvoir d’achat des ménages aurait augmenté de 1,2% en 2023 selon le (douteux) INSEE et que la tendance à la baisse de l’inflation serait assez affirmée. Décidément, le canard de Bernard Arnault – PDG de LVMH et accessoirement première fortune européenne et dans les trois premières mondiales – ne manque finalement pas d’humour, dans le style pince-sans-rire.

1 COMMENTAIRE

  1. Autant le fond de l’article peut être intéressant et amener un élément de réflexion pertinent, autant les commentaires associés aux “sources” sont contre-productifs; Remplacez UBS par Bernard Arnaud et son “canard”, et vice versa, comme cela aurait très bien pu être le cas (et donc UBS positionné en odieux représentant du Grand Capital et Arnaud en fin connaisseur de l’économie), et rien ne change … ce qui décrédibilise tout le recul que l’auteur est censé prendre au moment de la rédaction de son analyse..

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