Avec la meilleure volonté et le plus complaisant esprit de négociation au monde, nous ne signerons pas le projet d’accord NAO 2026 tel que soumis par la direction. Celle-ci a résolument décidé d’ignorer les multiples signaux que nous tentons, selon nos moyens, de relayer à longueur d’année. Le turn-over, la démotivation d’une grande partie de nos collègues, les risques psychosociaux, la chute sensible du niveau de vie et l’obligation pour certains de mener une double activité, juste pour boucler les fins de mois. Rien n’y aura donc fait.

Aucune augmentation générale depuis maintenant plus de 17 ans, spécificité rare et sans doute unique en France. Franchement, qui peut affirmer connaître une entreprise, une administration ou une association dont les salaires n’aient bénéficié d’aucune augmentation générale pendant plus de 17 ans ? Ne cherchez pas, cela n’existe pas, même chez nos deux principaux concurrents, pourtant chiches, eux-aussi, de leur euros ou de leurs dollars.

Quant à l’enveloppe destinée aux augmentations individuelles, la modestie de son montant interdit toute véritable politique salariale motivante. Elle ne sert en général et au mieux qu’à corriger quelques anomalies, rémunérer les changements de fonction et, pour 0,1% de son montant (“la générosité de Monsieur perdra Monsieur”), à parfaire l’égalité hommes-femmes.

Notons néanmoins le coup de pouce à la prime d’ancienneté, dite de fidélisation. Pour obtenir 100 euros supplémentaires, il vous faudra afficher 40 années d’ancienneté au compteur. Et même 400 euros de plus pour l’hypothétique vétéran qui aurait transpiré 45 années durant sous les couleurs verte puis rouge ! En existe-t-il un (ou une) dans l’entreprise. Pour les autres, nous notons cette bizarrerie d’une augmentation de 50 € pour 18 tranches annuelles et de zéro pointé pour 20 autres. Comprenne qui pourra.

Pour conclure, relevons quand même une meilleure prise en charge de la mutuelle santé dont le tarif bondit de 12,50% pour la cotisation de base – un scandale sur lequel nous reviendrons prochainement -, ce qui incite la direction à augmenter la part patronale de 55 à 60% et donc à réduire arithmétiquement la part salariale de 45 à 40%.

Voilà, c’est tout ! Il nous est donc malheureusement impossible de contresigner pareil projet entérinant sereinement une poursuite de la baisse du pouvoir d’achat et du niveau de vie en général. L’entreprise a fait le choix de privilégier, aujourd’hui et pour les années à venir, des investissement colossaux dans l’intelligence artificielle agentique et autre. C’est, jusqu’à preuve du contraire, son dernier mot.

2 Commentaires

  1. Je crois qu’il serait temps d’étaler dans la presse ce type de pratique qui devient la norme chez nous. Comment peut-on se satisfaire du turn-over sans nom et du manque de considération des être humains de cette entreprise ? Peut-être qu’un peu de pub gratuite sur la gestion des ressources humaines du soi-disant n°1 mondial serait bienvenue !!!
    La grève étant quasiment impossible à organiser au vue de nos organisation mais surtout par risque d’impacter notre activité (et donc nos salaires !!), quelle option reste t’il ?
    Il faudra bien un jour que nous puissions montrer notre mécontentement et faire plier la direction.

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