Il semble révolu le temps ou le Master 2 offrait une quasi-garantie d’emploi, sorte de sésame à la fois indispensable et valorisé par le monde du recrutement et des entreprises qu’il rassurait par une hypothétique garantie de niveau d’assiduité et de conceptualisation. Mais aujourd’hui, victime de sa propagation exponentielle et de sa délivrance peut-être un peu trop généreuse, le Master 2 ne fait plus rêver et se trouve en première ligne des victimes d’une croissance économique en berne.

Ceci, dans un contexte dans lequel le marché de l’emploi subit globalement une tension sévère, évidemment liée au ralentissement économique, aux trésoreries de plus en plus tendues des entreprises et à l’émergence des outils conçus dans un environnement d’intelligence artificielle.

Selon une toute récente étude publiées par l’APEC, en 2024, 84% des titulaires d’une formation dite “bac + 5” qualifiaient de “difficile” leur recherche d’une premier emploi, soit une hausse de 23% en deux années seulement. Une évolution aussi impressionnante qu’inquiétante. En cause, l’effondrement du nombre d’offres d’emploi et la multiplication des secteurs d’activité plus ou moins en berne. Le médiatiquement correct incite la plupart des commentateurs à éviter d’évoquer les conséquences inévitables et prévisibles des délocalisations, de la concurrence étrangère et de l’intelligence artificielle.

Un autre chiffre significatif révélé par cette étude démontre l’intensité et la rapidité de la dégradation observée : en 3 ans – de 2022 à 2025 – les nombre de jeunes diplômés contraints de postuler plus de 30 fois avant d’obtenir un premier emploi est passé de moins d’un tiers à 57%, soit près du double… Les premières victimes figurent parmi les diplômés des écoles de commerce, puisque, en 2024, 70% d’entre eux ont du postuler plus de 30 fois, contre 58% pour les ingénieurs et 52% pour les diplômés d’un Master universitaire. Près de 4 diplômés sur 10 mettent 6 mois ou plus à trouver un poste.

Inutile de préciser les conséquences de cette situation sur les négociations salariales et même sur le contenu des fonctions, à ce point que 25% des jeunes diplômés en 2024 estiment, selon leurs propres termes, occuper un “job alimentaire”. Tout est dit.

Ayant chuté de 19% en 2024, les recrutements cadres ont dû perdre encore, selon les estimations de l’APEC, 15 à 20% en 2025, année pour laquelle nous ne disposons pas encore de données consolidées. Quant à 2026… Seules les grandes écoles, bien que subissant elles-mêmes cette tendance baissière, semblent relativement tirer leur épingle du jeu.

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