Nous venons d’assister, tout au moins l’espérons-nous, au dernier épisode d’une pénible saga du CSE Nord. Un audit de gestion, mené par un cabinet indépendant, vient (enfin) de résumer dans son rapport de 73 pages les différentes failles, insuffisances et abus relevés dans la gestion du CSE Nord au cours de la précédente mandature.

Rumeurs, insinuations calomnieuses (ou non) et régulières prises de bec entre élus lors des réunions préparatoires ont pollué quatre ans durant la dernière mandature de cette instance. Le doute s’est installé, chacun suspectant son voisin d’abus et vice-versa. Deux élues, sans doute mues par un légitime désir de transparence se sont emparées de l’affaire mais sans jamais apporter, pendant trop longtemps, la moindre preuve tangible de leurs accusations. La lassitude a fini par gagner les uns et les autres, même si bien sûr chacun pressentait et supputait des dérives et excès, mais il manquait juste l’essentiel : des faits avérés. De plus, la véhémence permanente et les conflits générés par les des deux élues investies du dossier avaient incité, même les plus suspicieux des élus, à prendre des distances. Il manquait des preuves de nature à emporter l’adhésion d’une majorité d’entre eux, un peu déboussolés et de plus en plus agacés.

En témoigne cette réunion préparatoire du CSE à Trouville, le 13 juin 2022, où les trois membres du bureau présentèrent aux élus présents l’intégralité des dépenses effectuées pour les besoins de fonctionnement du bureau du CSE. Rien de choquant, juste l’achat d’un petit meuble de rangement d’une valeur de 150 €, des fournitures, de l’affranchissement, des frais de fonctionnement et de déplacement. La vraie vie, en quelque sorte et sûrement pas de quoi lancer la moindre procédure. A cette date, la montagne avait accouché d’une souris.

Un audit tardif mais édifiant

Pour mettre fin aux allusions inflammatoires et aux chamailleries permanentes, nous avons, à multiples reprises mais en vain, prêché pour le déclenchement d’un audit externe, par un cabinet extérieur. En témoigne l’intervention de J.B., trésorier du CSE Nord et donc lui-même mis en cause directement, lors du CSE Grand-Est, le 26 juin dernier : « J.B. rappelle qu’un an auparavant, la CFE-CGC avait proposé de diligenter un audit externe, ce qui avait été refusé par l’UNSA ». Oui, nous avons toujours réclamé que lumière soit faite de façon factuelle, professionnelle et tracée, par un organisme spécialisé et indépendant. Donc, par un audit. Il aura donc fallu attendre janvier 2026 pour qu’enfin nous soit présenté un rapport d’audit démontrant et prouvant les divers dysfonctionnements et abus observés dans la gestion du CSE Nord.

En vous épargnant les 73 pages dudit rapport, nous y relevons néanmoins “un contrôle interne et externe défaillant”, “une commission des marché défaillante avec, de plus, manque de traçabilté, une alerte sur la gestion des stocks, un refus du Commissaire aux comptes de certifier les comptes 2024, des dépenses de communication “exorbitantes”, une participation abusive et injustifiée à de multiples Salons des CSE, des remboursements de frais “surprenants”, une utilisation abusive et “non encadrée”de la carte bancaire du CSE, un règlement intérieur à géométrie variable (8 modifications durant la mandature), etc… Le rapport est sévère.

Il mentionne de plus une concentration de pouvoir entre la secrétaire et le trésorier avec “risque d’opacité et d’abus de pouvoir significativement accru, notamment sur les dépenses, commandes, facturations et contrats”. Sans parler du retrait du cabinet-comptable H qui a préféré passer la main pour des raisons à l’époque mystérieuses. Deux entreprises sont tout particulièrement mentionnées dans le rapport, notamment Avenir Communication : 322 862 € pour des « plaquettes d’informations ». Tonton pourquoi tu tousses ? Et l’entreprise Helfriech Advango. Nous n’insisterons pas davantage et ne pouvons résumer ce copieux rapport dans un article. Il faudra sans doute y revenir.

Le passé devrait éclairer le présent

Que la situation soit préoccupante, c’est évident mais un audit diligenté il y a trois ou quatre ans aurait permis une rapide rectification de la trajectoire de même qu’une solide reprise en main. Elle n’est pourtant que peu de choses en regard de la situation mafieuse que nous avons pu connaitre et contre laquelle nous nous étions vigoureusement élevés il y a une certain nombre d’années. Le dernier membre de la direction parfaitement averti de la situation inimaginable dans laquelle se trouvaient alors les instances a quitté l’entreprise il y a quelques mois, emportant avec lui d’inavouables secrets. Tout a été dit et écrit en son temps et les plus curieux d’entre vous auraient grand intérêt à exploiter le moteur de recherche de ce site. Il se pourrait que nous soyons amenés à y revenir.

6 Commentaires

    • Pas besoin de perdre ton temps à fouiller tous les PV du CSE Nord : le trésorier de ce CSE Nord, lui-même, a déclaré devant le CSE Grand-Est, le 26 juin dernier que nous demandions depuis plus d’un an un audit externe sur les comptes.
      Un témoignage d’autant plus précieux que ce même trésorier est personnellement mis en cause dans l’affaire et qu’un projet de licenciement vient d’être proposé en consultation aux élus du CSE Nord.
      Sa franchise ne lui a donc rien apporté et de toute façon l’ensemble des élus du CSE Nord se souviennent parfaitement de nos demandes répétées d’un audit des comptes. Pourquoi cette proposition a-t-elle systématiquement été rejetée ? C’est plutôt sur ce point qu’il faudrait investiguer.

  1. Pouvez-vous rappeler le taux de participation à la dernière élection ?
    On comprends pourquoi les personnes ne votent pas : aucune confiance dans les syndicats …
    Vous devriez vous pencher la dessus et réflechir ….

    • Cher collègue et lecteur, le débat ne date pas d’hier ! Les taux de participation sont faibles chez Adecco comme chez nos grands concurrents et nous connaissons parfaitement les spécificités d’un électorat hybride permanents-intérimaires sans qu’il soit possible d’en déduire de façon simpliste un manque de confiance envers les syndicats.

      Ceci dit, les taux de participation ne sont pas particulièrement brillants dans d’autres types d’entreprises et pas davantage aux élections politiques, sans parler des taux de réponses aux pétitions, enquêtes, avis et autres sollicitations. Idem pour le nombre de commentaires laissés sur les sites internet.
      Ce n’est pas ici le lieu de débattre des causes de cette passivité ambiante qui ne relève pas d’un problème spécifiquement syndical, ni politique, ni français

      Pour le dire autrement, oui, une très importante partie de la population ne se prononce pas ou peu quand on la sollicite, ce qui peut d’ailleurs légitimement interroger sur le besoin ressenti de démocratie.
      Mais ceci est un autre débat.
      Commençons plutôt par écouter ceux qui se prononcent en espérant que ceux qui négligent de le faire y trouveront leur compte.

  2. Situation anormale et il ne faut pas oublier que l’argent du Cse c’est l’argent des salariés et du réseau

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