Le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) n’a rien d’optionnel et il est même obligatoire dans toutes les entreprises de quelque taille qu’elles soient. L’employeur doit recenser et évaluer l’ensemble des risques présents dans l’entreprise et consigner les résultat de l’évaluation des risques pour la santé et la sécurité dans ce fameux document. Cette obligation liée à la prévention s’inscrit dans le cadre de son obligation générale d’assurer la sécurité et de protéger la santé des salariés. Selon les impératifs légaux, la direction de Adecco France a donc présenté son projet de DUERP à vos élus.
Pour nous, élus CFE-CGC, il est, en l’état, absolument exclus de rendre un avis sur la base d’une documentation que nous estimons à la fois massive et fragmentée à l’extrême pour ces DUERP. Sans préjuger d’une éventuelle intentionnalité, il en résulte au final une information illisible et inexploitable. Le foisonnement de données brutes et de documents hétérogènes transmis aux élus, sans la plus minime analyse transversale, interdit, de fait, toute vision globale et cohérente de la question. Selon plusieurs analyses autorisées, il pourrait s’agir d’une stratégie de la direction pour obtenir un avis le plus consensuel possible : l’accord par noyade !
L’I.A. ? Connais pas…
Et que dire du fâcheux oubli de l’intelligence artificielle, de ses outils, ses développements et ses prévisibles conséquences sur les tâches quotidiennes ? Cette mutation technologique majeure comporte en elle-même des risques spécifiques qu’il est indispensable d’estimer et de recenser sans attendre. Selon un certain consensus d’experts en la matière, l’IA n’a rien d’un simple outil technologique mais s’annonce bel et bien comme un facteur de risque organisationnel majeur à prendre évidemment en compte dans l’établissement du DUERP.
On devra y retrouver la mention des risques psychosociaux (RPS) tels que la perte de sens du travail causée par l’automatisation, l’intensification du rythme au gré des algorithmes, l’inévitable sentiment de perte de contrôle sur les décisions, etc… Quant au risque “métiers”, comment ne pas évoquer l’appauvrissement évident des compétences, du contenu des postes et l’isolement des salariés totalement livrés à l’outil numérique ? Sans préjuger des bienfaits ou méfaits de ces technologies, c’est à une véritable vision globale des risques que nous appelons instamment.
Face à ces enjeux, nous ne pouvons que déplorer le manque de moyens et de formation des managers et réclamer un accompagnement renforcé pour tous et pour chacun.
Pour ces raisons et quelques autres sur lesquelles nous reviendrons, il n’est évidemment pas question pour les élus CFE-CGC de rendre un avis sur un document à ce point lacunaire. Enfin, la CFE-CGC rappelle que la mise à jour du DUERP ne se limite pas à une échéance annuelle, mais doit intervenir à chaque évolution impactant les conditions de travail. Pour corser le tout et démontrer s’il en était besoin que le sujet ne peut être traité à la légère, il y a autant de DUERP que d’agences…


