Il n’est pas question ici de comparer et encore moins d’opposer les niveaux d’importance ou de gravité entre les accidents de travail à conséquences physiques et ceux concernant les troubles liés à la santé mentale, mais le constat est là et il est accablant : près d’un arrêt de travail sur deux relève de motifs psychologiques. Digitalisation intégrale des fonctions et profusion de procédures, sous-effectifs et donc charge excessive, perte de sens et par conséquent d’envie, aboutissent aujourd’hui à une situation impensable il y a une ou deux décennies seulement. Il urge de s’en prendre aux causes et de mettre fin à ce gâchis humain. (NDLR)

Alors que le gouvernement vient de présenter son plan d’action national contre l’absentéisme (9 avril 2026) et que l’on chiffre officiellement le coût des arrêts maladie à 17 milliards d’euros par an, Workplace Options dévoile les résultats de la 7ème édition de son baromètre réalisé par Ipsos BVA auprès de 2 000 actifs français. Pour la première fois, l’étude couvre l’ensemble du secteur privé, y compris les TPE et les travailleurs indépendants. Les résultats révèlent l’ampleur de la crise silencieuse de la santé mentale au travail et le paradoxe du sur-engagement.

La santé mentale, première cause d’arrêt de travail hors maladie ordinaire

Parmi les actifs ayant connu un arrêt de travail au cours des 12 derniers mois, 43 % déclarent que celui-ci était lié, en tout ou partie, à un motif psychologique : situations de travail (conflit, épuisement professionnel, anxiété — 21 %), santé mentale hors travail (18 %), situation d’aidant (12 %) ou rôle de parent (9 %). Ce poids augmente avec la durée de l’arrêt : la santé mentale liée au travail représente 27 % des causes pour les arrêts de 3 à 6 mois, contre 21 % pour les arrêts de un à trois jours.

Le paradoxe du sur-engagement : le « salarié idéal » est le plus à risque

42 % des actifs se déclarent en engagement excessif (23 % par choix, 19 % par nécessité). Or, ces profils sur-engagés représentent 56 % des arrêts de longue durée et 65 % des arrêts liés aux situations professionnelles. 67 % des actifs en engagement excessif par nécessité déclarent des effets négatifs sur leur santé, contre 17 % pour un engagement normal. Le triptyque charge de travail + sur-engagement + manque de reconnaissance est identifié comme le principal facteur prédictif d’arrêt longue durée.

Un tiers des arrêts directement liés au travail

Pour 34 % des actifs arrêtés, la première cause est liée au travail : pratiques managériales de l’entreprise (13 %), tensions liées à l’organisation du travail (13 %) ou pratiques du manager de proximité (8 %). Cette part monte à 57 % chez les actifs qui ne parviennent pas à faire face à leur charge de travail. La charge de travail est citée comme première difficulté (56 %), suivie du manque de reconnaissance (38 %).

Le télétravail : facteur protecteur mais aussi de contournement

Le taux d’absentéisme est de 3,4 % chez les non-télétravailleurs, contre 2,3 % pour ceux qui télétravaillent un à deux jours par semaine, et 1,1 % en télétravail exclusif. Mais 15 % des actifs arrêtés déclarent avoir continué à travailler en télétravail malgré l’arrêt prescrit, et 35 % de ceux qui ont refusé un arrêt invoquent la possibilité de télétravailler.

L’impact financier : un cercle vicieux

43 % des actifs arrêtés déclarent des difficultés financières liées à leur arrêt, et 66 % d’entre eux ont repris le travail de manière anticipée pour cette raison. Dans un contexte où le plafond des indemnités journalières a été abaissé de 1,8 à 1,4 SMIC depuis avril 2025, cette pression financière risque de s’accentuer et d’alimenter les rechutes.

Des dispositifs d’accompagnement méconnus mais attendus

69 % des actifs ne connaissent pas les services d’accompagnement proposés par l’assureur de leur employeur. Pourtant, 81 % de ceux qui les connaissent déclarent qu’ils les utiliseraient en cas d’arrêt. 53 % des actifs arrêtés auraient souhaité être accompagnés par leur entreprise. Le chaînon manquant, c’est la communication.

Des différences marquées par secteur, par âge et par genre

Le taux d’absentéisme varie de 2,4 % dans l’industrie à 3,5 % dans le commerce. Les cadres affichent le taux le plus bas (1,8 %) mais sont surreprésentés dans les arrêts longue durée liés au sur-engagement. Les femmes présentent un taux d’absentéisme plus élevé (3,2 % contre 2,6 %) et sont davantage touchées par les arrêts liés aux situations de travail (25 % contre 17 %). Les 18-29 ans sont plus fréquemment arrêtés (42 %) mais pour des durées plus courtes ; les seniors pour des durées plus longues.

Source : Ipsos.com

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