Dans le courant du mois de juillet, chaque collaborateur Adecco a été informé, au prétexte d’un libre-choix possible que nous évoquons ci-dessous, de la présence de pixels dans chacun des mails qui lui sont envoyés.
Ces pixels, souvent appelés “pixels espions”, matérialisés par une image invisible à l’œil nu dans les courriels permettent l’analyse des comportements de chacun et notamment les détails de la date et l’heure précises de leur ouverture, du temps passé à le lire, du traitement du courriel en question, etc… Il s’agit d’une collecte d’informations relatives aux habitudes numériques du destinataire des courriels. Ce sont des éléments de suivi et d’analyse particulièrement performants, au prétexte de s’assurer de leur bonne réception, de “proposer la meilleur offre au bon moment” et de lutter prétendument contre la fraude. Il s’agirait aussi, nous est-il affirmé, d’”adapter le format et le contenu en fonction des besoins de chacun”. Tout cela fleure bon le copié-collé et nous apparait en complet décalage avec les besoins réels de l’entreprise mais il s’agit purement et simplement, pour notre direction, du respect d’une directive de la CNIL dont on connait par ailleurs la piètre efficacité en matière de respect de la vie privée. Vaste sujet.
La démarche de la direction est évidemment parfaitement marketée et, sans doute pour rassurer, il nous est rappelé que le “Groupe Adecco attache une importance particulière à la protection des données personnelles”. Bien entendu “Aucune donnée issue de ces dispositifs n’est cédée ou transmise à des tiers à des fins commerciales. Les informations collectées sont exclusivement utilisées par nos services internes dans un objectif d’amélioration continue.” Encore et toujours du copié-collé, c’est évident.
Le summum de l’hypocrisie nous est cependant offert dans la conclusion du message envoyé au réseau : “Vous pouvez vous opposer à l’utilisation de pixels de suivi en vous rendant dans vos paramètres de consentement ci-dessous. Toutefois ce choix implique nécessairement votre opposition à la réception de nos communications.”
En clair, chacun peut s’opposer à ce flicage technique mais renonce alors, de fait, à recevoir la moindre communication de l’entreprise et par conséquent à pouvoir assurer son maintien dans la fonction et donc dans l’entreprise !
