Elle figure en tête de toutes les enquêtes d’engagement. Et pourtant, la surcharge de travail reste le problème que les entreprises diagnostiquent sans jamais vraiment résoudre. Derrière des chiffres alarmants et des discours bienveillants se cache une réalité têtue : la charge de travail ne se laisse pas facilement saisir.

Pourquoi la surcharge s’est installée

Selon une étude réalisée par l’Institut Montaigne en février 2023, 60 % des travailleurs français déclarent que leur charge de travail a augmenté ces cinq dernières années — non pas parce qu’ils travaillent plus longtemps, mais parce qu’ils ont davantage de travail à faire sur le même volume horaire.

La surcharge de travail n’est pas un phénomène nouveau, mais elle a changé de nature. Il y a quinze ans, elle était largement perçue comme conjoncturelle. Aujourd’hui, elle est devenue la norme structurelle de millions d’actifs. Trois forces profondes expliquent cette bascule.

D’abord, l’intensification du travail par le numérique. Smartphones et messageries instantanées ont rendu le travail portable et permanent, instaurant une norme implicite de réactivité qui déborde largement sur le temps personnel. Ensuite, depuis la crise de 2008, de nombreuses entreprises ont allégé leurs équipes sans réduire leurs ambitions : chaque salarié restant absorbe mécaniquement la part de celui qui n’a pas été remplacé. Les effets sont silencieux mais cumulatifs. Enfin, l’essor du télétravail mal encadré a souvent allongé la journée réelle sans que personne ne le mesure.

Source : Cadremploi

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