Des esprits rationnels avaient imaginé qu’une mutualisation des tâches administratives dans des centres dédiés serait source de gain de productivité et, partant, de personnel et donc de coûts. Adeptes de la célèbre et universelle méthode yaka-faukon, ils nous vantaient les progrès pour tous que représenteraient des centres de services financés par les agences qui permettraient simplification, facilitation et efficacité. Et tout cela au moindre coût, bien entendu.
Aujourd’hui, la réalité semble infiniment moins idyllique qu’on ne nous l’affirmait et nombre de directeurs d’agences se plaignent de la ribambelle de dysfonctionnements qui viennent perturber leur quotidien. Il nous disent notamment que cette organisation, loin d’avoir dégagé du temps et de la simplification a généré d’immenses pertes de temps et de la complexité. On ne compte pas le nombre d’heures quotidiennes passées à téléphoner au centre de services, à envoyer des courriels, pièces scannées, sans parler du temps passé au téléphone. Les erreurs et dysfonctionnements viennent tout simplement du rallongement du circuit d’information et de l’introduction dans les process d’intermédiaires supplémentaires. 
On nous parle même de récupération des provisions confiée à des salariés en CDD.
Sans parler des déplacements indispensables transformant nos directeurs d’agence en petits télégraphistes obligés de porter au centre des pochettes entières de justificatifs.
Et encore, les choses vont-elles beaucoup mieux qu’il y a une petite année ! Mais au final, a-t-on gagné en productivité ? Non, répondent unanimement les salariés permanents des agences. Sans parler du coût imputé à celles-ci, jugé prohibitif au regard des services rendus. « Aussi cher que le coût d’une assistante à l’agence, sauf que je n’ai plus d’assistante dans mon agence » nous confie un responsable d’agence. Pour aussitôt ajouter : »Et ce n’est pas le centre de services qui répond au téléphone, fait de l’accueil, du classement et les innombrables petites tâches indispensables que remplissaient mon assistante« . Sur ces points, nous avions anticipé, prévenu et même alerté la direction en temps voulu, comme en témoignent les PV du Comité d’Établissement. Nous n’avions hélas pas été entendus.

Attention, pour que les choses soient claires, ces considérations ne remettent nullement en cause la qualité du travail des salarié(e)s travaillant dans ces centres de services, y compris leur responsable de centre, ni leur implication. La qualité de leur travail est assez unanimement reconnue et nous en profitons au passage pour leur adresser un coup de chapeau et les assurer de notre entier soutien et de celui des salariés du réseau.

Aujourd’hui certains, même parmi l’encadrement supérieur, ne cachent plus leur nostalgie de l’ancienne organisation dans laquelle l’assistante d’agence agissait en temps réel sur les erreurs, régularisations et actions administratives liées à sa fonction, avec un minimum de perte d’information et sans le moindre intermédiaire. Nostalgie du bon vieux temps ? Peut-être, mais aussi humble acceptation qu’au delà des modes et tendances il y a des organisations qui fonctionnent et d’autres moins bien.

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